Maroc : Mohammed VI pointé du doigt

Le roi du Maroc, Mohammed VI

La comparution du journaliste Omar Radi devant la justice marocaine, pour répondre à la fois à des accusations d’espionnage et de viol, a été le prétexte saisi par le journal L’Humanité pour faire un diagnostic sans complaisance de la situation au royaume sous le magistère du roi Mohammed VI.

Evoquant les conclusions d’une enquête menée par Human Rights Watch, sur l’ensemble des poursuites engagées contre Omar Radi, l’organisation est d’avis que le journaliste est victime d’une « véritable campagne de diffamation », avec notamment la publication de plus d’une centaine d’articles, ces derniers mois, par des sites d’informations proches du pouvoir de Rabat.

Human Rights Watch parle de textes qui attaquent le journaliste et qui n’épargnent pas les proches d’Omar Radi. Ces publications relayeraient des « insultes » à l’encontre du journaliste et ses proches, sans oublier de revenir sur la diffusion d’informations « personnelles » du journaliste.

« Une instrumentalisation sans précédent du système judiciaire par les autorités marocaines » à l’encontre d’Omar Radi qui, selon Human Rights Watch, est victime d’un « acharnement » lié à ses investigations sur la corruption dans le milieu politique, les expropriations de terrains, et le mouvement social Hirak dans la région du Rif, reprend France 24.

« Salir. Diffamer. Enfermer » : ce sont là, en résumé, les méthodes du roi Mohammed VI, que dénonce L’Humanité qui accuse le souverain de vouloir « bâillonner la presse », de chercher à faire taire celles et ceux qui s’intéressent « de trop près à la prédation des richesses par son régime ».

« Les apparences de modernisation qui ont accompagné l’accession au trône de Mohammed VI, il y a vingt ans, ont fait long feu… Le Maroc est en train de revenir aux années Hassan II… L’ancien roi au terrible passif en matière de droits de l’Homme », déplore le journal.

Pour l’heure, l’on sait que Mohammed VI a du pain sur la planche, puisqu’il doit se défendre bec et ongles pour éviter un malheur à son fils, Moulay El Hassan, qui serait dans le collimateur de son oncle, Moulay Rachid notamment, qui aurait tenté d’écarter le jeune de 17 ans de son chemin devant le mener au trône.