Maroc : Messier attac-qué

ATTAC Maroc s’en prend à Vivendi et demande un moratoire sur les privatisations.

La branche marocaine de l’Association Transaction pour Aides aux Citoyens (ATTAC), a appelé mercredi à un  » moratoire sur les privatisations  » dans le royaume chérifien.

L’association, hostile à la mondialisation libérale, prétend vouloir l’  » arrêt de la liquidation du patrimoine collectif et de la dilapidation du bien public « . Une politique destinée  » à permettre au royaume de rembourser sa dette extérieure et à combler un déficit budgétaire…  » La mauvaise gestion et la corruption a-t-elle bénéficié aux citoyens ? « , s’interrogent sans ambages les responsables d’ATTAC dans un communiqué.

Ils font également valoir que l’Etat, après s’être désengagé de  » ses plus beaux fleurons  » (CCTM, Samir, Maroc-Télécoms) s’apprête à privatiser  » l’ensemble des services public  » (Santé, Transports, Education) en engageant des cessions de capital de la Royal Air Maroc (RAM) et en adoptant une Charte de l’Education, jugée favorable au développement de l’enseignement privé.

Ne touchez plus au téléphone

Or, fait valoir ATTAC, alors que le chiffre d’affaires de Maroc-Télécoms a  » progressé de 32% « , que le parc téléphonique  » s’est accru de 68%  » en un an et que le nombre d’abonnés GSM a progressé dans la même période de  » 660% « , le pays occupe toujours la dernière place des pays de la rive Sud de la Méditerranée au classement établi par l’Indicateur de Développement Humain -IDH – (123e place en 1999).

Rien ne justifie donc, selon l’association, que Maroc-Télécoms qui  » réalise des profits rentables pour les caisses de l’Etat  » confie 35% de ses parts au Groupe Vivendi. Le rapport entre les deux constats n’est pas évident. Mais cela ne semble pas troubler les polémistes d’ATTAC…

D’autant que le Groupe de Jean-Marie Messier risque à leurs yeux d’en profiter pour lorgner sur  » des domaines aussi variés que l’énergie, le transport (…) représentant à terme une véritable menace vis-à-vis des PME nationales ainsi que leurs employés « , assurent les responsables de l’association.