Maroc : le torchon brûle entre Rabat et Washington

Les autorités marocaines ont convoqué l’ambassadeur américain dans leur pays, Rabat ayant voulu protester contre la publication du rapport annuel du département d’Etat américain sur les droits de l’Homme, critique à l’encontre du royaume chérifien.

Les autorités marocaines ont convoqué, mercredi 18 mai, Dwight Bush, l’ambassadeur américain dans ce pays d’Afrique du Nord. Rabat a voulu protester contre la publication du rapport annuel du département d’Etat américain sur les droits de l’Homme. Rapport étant particulièrement critique à l’encontre du royaume chérifien.

Le document en question, publié à la mi-avril, consacre une quarantaine de pages au Maroc. Mieux, il pointe une série de problèmes liés au respect des droits de l’Homme, notamment des cas de torture en détention. Le rapport va plus loin, dénonçant un manque d’indépendance de la justice, affirmant que dans certains cas, le droit à un procès juste a été dénié.

Le mardi 17 mai, la réplique du royaume est tombée avec le ministère marocain de l’Intérieur qui dénonce une « approximation » et un « mensonge », dans un long communiqué. Qualifiant le rapport de « scandaleux », il dénonce des sources « peu fiables et politiquement hostiles, des conclusions générales hâtives et des extrapolations abusives » et révèle que plusieurs réunions se sont tenues, ces dernières semaines entre les deux parties, visiblement sans résultat.

Le porte-parole du département d’Etat américain, John Kirby, a opposé une fin de non-recevoir aux critiques. D’où la convocation le lendemain de l’ambassadeur, Dwight Bush. Dans un communiqué ayant suivi la rencontre, le ministère marocain des Affaires étrangères dénonce « l’acharnement des rédacteurs du rapport, quitte à dénaturer les faits, qui pousse le gouvernement du royaume du Maroc à s’interroger sur les véritables visées et motivations de cet exercice ».