Maroc : le rappeur Gnawi écope d’un an de prison ferme pour outrage

Le rappeur Gnawi

Lundi 25 novembre, le tribunal de Salé a condamné le rappeur Simo Gnawi à une peine d’emprisonnement ferme d’un an. La justice marocaine reproche au rappeur d’avoir fait outrage à un fonctionnaire public à la suite d’une violente altercation avec un policier et d’avoir filmé puis diffusé la scène sur Instagram.

A l’audience, Simo Gnawi a reconnu avoir insulté la police marocaine dans une vidéo publiée sur sa page Instagram, en octobre. Il explique ensuite avoir tourné ladite vidéo pour avoir été victime d’une humiliation au cours d’un contrôle de la police.

Pour Me Sadkou, avocat du prévenu, l’accusation d’outrage à fonctionnaire public n’est qu’un prétexte pour camoufler la véritable raison de l’arrestation du rappeur. Pour lui, cette condamnation est liée au dernier tube de l’artiste intitulé « vive le peuple » qu’il a lancé la veille de son arrestation.

A travers ce single, Gnawi dénonce les injustices subies par la jeunesse de son pays, la concentration de la richesse entre les mains d’une minorité et les autres maux qui minent la société marocaine. Le rappeur s’en est pris ouvertement au roi Mohammed VI ; un acte considéré comme une ligne rouge à ne pas franchir.

Les autorités rejettent en bloc l’accusation de Me Sadkou. D’ailleurs, il n’a été fait aucune allusion à ladite chanson au cours du procès. Il est vrai que le procureur a brandi un CD de Gnawi au cours du procès, mais il s’agissait d’un album paru en 2014 sur lequel il y avait une chanson qui critiquait vertement la police. Selon l’accusation, c’est la preuve que ce n’est pas la première fois que le rappeur provoque la police de son pays.