
Dans un contexte international marqué par l’incertitude et la recomposition des échanges, le rapport 2025 du FMI dresse un portrait nuancé du Maroc. Solide sur le plan macroéconomique mais vulnérable face aux chocs extérieurs, le Royaume est appelé à accélérer ses réformes pour maintenir sa dynamique de croissance et renforcer sa résilience climatique.
Une économie sous assurance dans un monde incertain
Dans une économie mondiale que le Fonds Monétaire International qualifie de plus en plus incertaine et fragmentée, le Maroc tente de tracer sa propre voie vers la croissance. Le Rapport Annuel 2025 de l’institution de Bretton Woods, intitulé « Cap sur la croissance en période d’incertitude », place le Royaume dans une catégorie à part parmi les économies émergentes, soulignant à la fois la solidité de ses fondamentaux et les défis à venir.
Alors que les tensions commerciales s’exacerbent et que les chocs climatiques se multiplient, la stratégie marocaine repose sur un équilibre entre assurance financière internationale et réformes internes.
Le point d’orgue de la relation entre le FMI et Rabat cette année réside dans l’activation et le maintien de la Ligne de Crédit Modulable (LCM) explique le Rapport. Cet instrument, doté d’un accès approuvé à hauteur de 3,45 milliards de Droits de Tirage Spéciaux (DTS), se distingue des aides d’urgence classiques : il constitue une véritable assurance de stabilité.
Le FMI réserve ce dispositif aux pays dotés de cadres économiques solides et d’une gouvernance éprouvée. En y intégrant le Maroc, l’institution reconnaît la crédibilité de sa politique macroéconomique et sa capacité à affronter les turbulences de la finance mondiale.
Réformes structurelles et résilience climatique : la double exigence
Mais derrière cette reconnaissance, le FMI adresse des avertissements clairs. L’environnement extérieur est devenu moins favorable, avec une croissance mondiale atone et une recomposition des flux commerciaux. Pour une économie marocaine encore dépendante des marchés européens et des importations énergétiques, cette incertitude constitue un risque bien réel. Le Fonds souligne la nécessité de maîtriser l’inflation, de stabiliser les taux de change et de préserver la confiance des investisseurs.
Pour éviter le piège de la stagnation, la priorité doit aller à une accélération des réformes structurelles. Le rapport recommande de libérer le potentiel du secteur privé en allégeant la bureaucratie, en renforçant la concurrence et en modernisant le système fiscal. L’objectif est de doper la productivité et de stimuler une croissance endogène capable d’amortir les chocs externes.
Enfin, la question climatique s’impose comme un enjeu macroéconomique central. Le FMI alerte sur la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes et leurs répercussions budgétaires. Il invite le Maroc à reconstituer ses marges financières et à rationaliser ses dépenses publiques, tout en consolidant les filets de protection sociale. Le défi : mener la transition vers une économie durable sans fragiliser les populations les plus exposées.
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