Maroc : l’oignon espagnol casse les prix et bouleverse le marché en pleine pénurie


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Des oignons
Des oignons

La flambée des prix des produits alimentaires continue de peser sur le pouvoir d’achat au Maroc, et l’oignon n’échappe pas à cette tendance. Face à une offre locale en recul, les importations en provenance d’Espagne se multiplient et modifient les habitudes de consommation. Proposé à des tarifs nettement plus accessibles, l’oignon espagnol s’impose progressivement sur les étals, malgré des critiques récurrentes sur sa qualité gustative et sa fraîcheur.

Au Maroc, dans les marchés urbains comme ruraux, le critère du prix est devenu déterminant. Alors que l’oignon produit localement atteint des niveaux élevés, avoisinant les 18 dirhams (environ 1,65 euro) le kilogramme, son équivalent importé est vendu entre 8 et 10 dirhams (soit environ 0,74 à 0,92 euro). Cet écart significatif pousse une majorité de consommateurs à privilégier l’option la plus économique, dans un contexte d’inflation et de hausse généralisée du coût de la vie.

Pénurie saisonnière et dépendance accrue aux importations

Cette situation est due à un déséquilibre temporaire de l’offre nationale. La fin de la commercialisation de l’oignon « karkoub », variété très prisée au Maroc, a entraîné une baisse brutale des volumes disponibles sur le marché. Cette période de transition agricole, bien connue des professionnels, crée chaque année des tensions sur les prix, mais celles-ci semblent particulièrement accentuées cette saison.

Selon plusieurs acteurs du secteur, il faudra attendre les prochaines récoltes estivales pour espérer un retour à la normale. En attendant, les importations jouent un rôle de régulation indispensable. L’Espagne, grâce à sa proximité géographique et à sa capacité de production, s’impose comme un fournisseur stratégique pour combler ce déficit temporaire et stabiliser partiellement le marché.

Qualité vs prix : un dilemme pour les consommateurs

Si l’oignon espagnol séduit par son prix attractif, il suscite néanmoins des réserves. Certains commerçants et consommateurs évoquent une qualité inférieure à celle du produit local, notamment en termes de goût et de fraîcheur. Les conditions de transport, souvent longues, ainsi que le stockage en chambre froide, peuvent altérer certaines caractéristiques du produit.

Malgré ces critiques, la conjoncture économique actuelle pousse de nombreux ménages à faire des compromis. Le critère financier prend le dessus, reléguant au second plan les considérations gustatives. La recherche du meilleur prix devient prioritaire face à la baisse du pouvoir d’achat.

Malick Hamid
Je suis passionné de l’actualité autour des pays d’Afrique du Nord ainsi que leurs relations avec des États de l’Union Européenne.
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