
Le partenariat économique entre le Maroc et les Émirats arabes unis s’étend à plusieurs secteurs, notamment l’énergie, les infrastructures et l’eau. Le gazoduc Nigeria-Maroc figure désormais parmi les projets concernés par cette coopération, après une nouvelle étape institutionnelle franchie au sein de la CEDEAO.
Le Maroc et les Émirats arabes unis poursuivent le développement de leurs relations économiques à travers des investissements et des projets dans plusieurs secteurs. Le rapport de l’Observer Research Foundation Middle East publié le 11 août 2026 cite notamment les infrastructures, l’énergie, l’eau, les transports et le tourisme. Le projet de gazoduc devant relier le Nigeria au Maroc apparaît également parmi les infrastructures susceptibles de bénéficier de cette coopération.
Les Émirats s’intéressent au gazoduc Nigeria-Maroc
Selon le rapport, les Émirats arabes unis sont devenus le premier investisseur arabe au Maroc, avec plus de 15 milliards de dollars engagés dans le pays. Les échanges commerciaux hors pétrole entre les deux États ont atteint 1,3 milliard de dollars en 2023, soit une progression de 30% sur un an. La coopération économique entre Rabat et Abu Dhabi s’est élargie après la déclaration signée en décembre 2023 par le roi Mohammed VI et le Président émirati Mohammed ben Zayed.
Le document couvre notamment les transports ferroviaires, les ports, les aéroports, l’eau, l’énergie, l’agriculture et le tourisme. Les marchés financiers et le stockage des données figurent également parmi les domaines concernés. Le gazoduc Nigeria-Maroc constitue l’un des projets énergétiques mentionnés dans ce partenariat. Les Émirats arabes unis ont intégré cette infrastructure aux secteurs dans lesquels ils souhaitent développer des investissements avec le Maroc.
Un projet de 6 900 kilomètres
Le projet prévoit l’acheminement du gaz naturel nigérian vers le Maroc en longeant la façade atlantique de l’Afrique de l’Ouest. Une nouvelle étape a été franchie le 19 juillet à Freetown, en Sierra Leone, avec la signature par les États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) d’un accord intergouvernemental en faveur du gazoduc. L’accord intervient après l’achèvement des études de faisabilité et de la conception technique détaillée du projet.
Le tracé prévu s’étend sur environ 6 900 kilomètres et traverse treize pays d’Afrique de l’Ouest avant d’atteindre le Maroc. Le futur ouvrage doit comprendre des sections offshore et onshore. Sa capacité de transport est annoncée à 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an. Sur la capacité annuelle prévue, 15 milliards de mètres cubes doivent être destinés aux marchés marocain et européen. Une partie du gaz destiné à l’Europe doit transiter par le gazoduc existant entre le Maroc et l’Espagne.
15 milliards de mètres cubes destinés au Maroc et à l’Europe
Le projet a été lancé à la suite d’un accord conclu il y a une dizaine d’années entre le Maroc et le Nigeria. Les études de faisabilité ainsi que les travaux de conception technique détaillée, connus sous le sigle FEED, ont été achevés. Le coût prévisionnel de l’infrastructure est estimé à environ 25 milliards de dollars. La coopération entre le Maroc et les Émirats concerne également des infrastructures énergétiques et hydrauliques.
En 2025, un consortium comprenant notamment TAQA Morocco, Nareva et le Fonds Mohammed VI pour l’investissement a engagé un programme portant sur le dessalement de l’eau, son transfert, les énergies renouvelables, une centrale électrique au gaz et une ligne à très haute tension de 1 400 kilomètres. Les investissements prévus pour cet ensemble de projets approchent 130 milliards de dirhams à l’horizon 2030.
Un partenariat qui s’étend au tourisme et aux infrastructures
En mai 2024, des accords portant sur des projets énergétiques et hydrauliques avaient également été annoncés pour un montant de 14 milliards de dollars. Le tourisme constitue un autre volet des relations économiques entre les deux pays. Les Émirats arabes unis prévoient notamment un projet de complexe touristique à Lagouira, dans le sud du Maroc. Le programme annoncé comprend des villas, des hôtels, des hébergements haut de gamme, une marina, des espaces de loisirs, des équipements sportifs et des centres de conférence.
À la fin du premier semestre 2025, les investissements directs émiratis au Maroc étaient évalués à environ 188 millions de dollars. Le projet de gazoduc Nigeria-Maroc s’inscrit ainsi dans un partenariat économique qui couvre désormais plusieurs secteurs. La signature de l’accord intergouvernemental par les pays de la CEDEAO constitue une nouvelle étape dans la préparation de cette infrastructure. Un accord spécifique doit encore être conclu entre le Maroc et la Mauritanie, en présence du Président du Nigeria, selon les informations communiquées par les promoteurs du projet.




