Maroc : deux nouvelles lois étendent les pouvoirs du royaume sur les eaux du territoire du Sahara Occidental

Le roi du Maroc, Mohammed VI

Deux nouvelles lois viennent d’être adoptées par le Maroc. Leur particularité réside dans le fait qu’elles étendent l’emprise du royaume sur les eaux territoriales du Sahara Occidental. Mais à peine adoptées, elles sont déjà vivement rejetées par le Front Polisario.

Le territoire du Sahara Occidental avait été colonisé par l’Espagne et depuis, son statut juridique n’est pas encore clairement défini. Alors que le royaume du Maroc réclame sa souveraineté terrestre comme maritime, le Front Polisario se bat, quant à lui, pour qu’il obtienne son indépendance.

Les deux lois votées par le Maroc établissent sa compétence juridique sur l’espace maritime allant de Lagouira à Tanger, jusqu’à la frontière de la Mauritanie. Le royaume accède, à l’aide de ses deux nouvelles lois, aux eaux de territoire désertique du Sahara Occidental qui s’étendent sur plus de 1000 kilomètres sur l’océan atlantique.

Rabat, qui déjà contrôle une bonne partie du territoire disputé, plaide pour qu’elle acquière une indépendance contrôlée. Contrairement au royaume, le Front Polisario se bat depuis plusieurs années pour l’organisation d’un référendum d’autodétermination. D’ailleurs, le Front Polisario estime que l’adoption des deux nouvelles lois marocaines n’a aucune valeur juridique et est prêt à saisir les juridictions internationales pour demander leur annulation.

Des ressources sous-marines en jeu

Le Maroc n’a fourni aucune explication sur les raisons motivant l’adoption des textes en question. Le seul alibi est le besoin de mettre ses textes à jour en matière maritime.

Selon le journaliste de nationalité espagnole Ignacio Cembrero, il y a deux explications plausibles. La première est que le Maroc veut, au travers de ces lois, réitérer son hégémonie sur le territoire du Sahara Occidental pour être en bonne posture en cas de négociation des richesses sous-marines qui existent aux larges des îles des Canaris. Des explorations antérieures ont révélé que les eaux de la région ne contiennent guère du pétrole. Le journaliste indépendant a fait savoir qu’en revanche, le sol est riche en minerais, en cobalt et en tellure.

Une visite du ministre des Affaires étrangères de l’Espagne est prévue pour le vendredi 24 janvier 2020 et la question pourrait être abordée. Le Maroc se dit ouvert au dialogue.