
À Casablanca, le football a une nouvelle fois basculé du rêve à la tension. Quelques jours après des scènes de liesse sportive, la ville marocaine est aujourd’hui confrontée à une réalité plus sombre : celle de violences qui rappellent étrangement les débordements survenus lors de la très médiatisée finale de la CAN 2025 entre le Maroc et le Sénégal.
Élément déclencheur à une vague de violences
Le 29 avril dernier, le Complexe Mohammed V a été le théâtre d’un match de championnat opposant le Wydad Athletic Club à l’Ittihad Yacoub El Mansour. Une rencontre sportive classique sur le papier, comptant pour la 17ème journée de la ligue professionnelle marocaine. Mais sur le terrain comme dans les tribunes, la tension est montée d’un cran, jusqu’à dégénérer en affrontements et actes de vandalisme.
La victoire de l’Ittihad Yacoub El Mansour (2-1) face au Wydad n’a pas seulement surpris les observateurs : elle a aussi servi d’élément déclencheur à une vague de violences. Des images relayées massivement sur les réseaux sociaux montrent des sièges arrachés, des jets de projectiles et des affrontements entre groupes de supporters. Rapidement, les forces de l’ordre sont intervenues pour tenter de contenir la situation.
Rappel de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025
Le bilan judiciaire est lourd. Les autorités ont ordonné l’incarcération de 22 personnes, poursuivies pour leur implication présumée dans ces violences. Parmi elles, plusieurs sont accusées de hooliganisme, un terme qui refait surface avec insistance depuis la finale de la CAN 2025. En parallèle, 20 mineurs ont été présentés au juge pour enfants, avec une demande de placement en centre de réhabilitation.
Ce scénario n’est pas sans rappeler les événements survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025. Celle-ci avait opposé le Maroc au Sénégal dans une atmosphère électrique. Ce jour-là, des incidents avaient éclaté en marge du match, notamment impliquant des supporters sénégalais. Dix-huit d’entre eux avaient été arrêtés puis incarcérés, également pour des faits assimilés à du hooliganisme.
Quelles peines pour des faits similaires reprochés aux Sénégalais ?
Mi-avril, la Cour d’appel de Rabat avait confirmé les peines prononcées en première instance contre les 18 supporters sénégalais, arrêtés après les violences survenues le 18 janvier au Stade Moulay Abdellah. Ce verdict mettait fin à plusieurs semaines d’attente pour les familles des prévenus, détenus depuis les faits. La juridiction a maintenu toutes les sanctions, sans suivre le parquet qui demandait un durcissement. Ce, malgré une audience en appel longue et intense, près de six heures selon leur avocat Patrick Kabou.
Les peines restaient donc inchangées. Neuf condamnés à un an de prison ferme, six à six mois et trois à trois mois, accompagnées d’amendes. Les faits relèvent de hooliganisme : agressions contre les forces de l’ordre, dégradations, jets de projectiles et intrusion sur la pelouse. Les supporters sénégalais qui avaient écopé de trois mois de prison sont, eux, rentrés au bercail. Au pays de la Téranga, les regards sont projetés sur le Royaume chérifien. En attendant de voir les peines prononcés contre les fils du Maroc pour des faits similaires reprochés aux Sénégalais.




