Arabie saoudite : 65 migrants éthiopiens menacés d’exécution pour du Khat


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Peine de mort
Pendaison

Human Rights Watch alerte sur le sort de 65 migrants éthiopiens, condamnés à mort en Arabie saoudite pour des infractions liées à la drogue. Trois autres ressortissants éthiopiens ont déjà été exécutés le 21 avril 2026.

L’Arabie saoudite maintient un recours soutenu à la peine capitale. Selon Human Rights Watch (HRW), au moins 65 migrants éthiopiens risquent une exécution imminente après avoir été condamnés pour des infractions liées à la drogue. Ces condamnés, détenus au centre de Khamis Mushait dans la région d’Asir, sont privés de garanties procédurales fondamentales lors de leurs procès.

Le 21 avril 2026, les autorités saoudiennes ont exécuté trois autres ressortissants éthiopiens pour « trafic de haschisch ». Selon les informations recueillies par l’ONG, ces hommes avaient fui le conflit du Tigré, en Éthiopie, avant de se retrouver piégés dans le système pénal saoudien. Beaucoup auraient transporté du khat, une plante stimulante consommée en Afrique de l’Est, pour financer leur voyage. Ils ignoraient que sa détention est strictement prohibée dans le royaume.

Un recours massif à la peine de mort

L’Arabie saoudite a enregistré 356 exécutions en 2025, un chiffre record, dont une large majorité pour des affaires liées aux stupéfiants. Pour les premiers mois de 2026, les décomptes officiels et les observateurs font état d’une poursuite de cette tendance, avec plusieurs dizaines de condamnations capitales déjà appliquées.

Le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire a régulièrement dénoncé ces pratiques, rappelant que les infractions liées à la drogue ne répondent pas aux critères des « crimes les plus graves » définis par le droit international. Malgré ces alertes et les appels des organisations de défense des droits humains, Riyad continue d’appliquer la peine de mort à des faits non violents, touchant de manière disproportionnée les ressortissants étrangers.

Ces migrants figurent parmi les dizaines de milliers d’Éthiopiens qui empruntent chaque année la route de la mer Rouge et du Yémen pour rejoindre le royaume, attirés par des perspectives d’emploi. Ce flux a augmenté de 32% entre 2022 et 2023, porté par les conséquences persistantes de la guerre du Tigré qui a déplacé des millions de personnes. Human Rights Watch appelle désormais les partenaires internationaux de l’Arabie saoudite à intervenir d’urgence pour obtenir un moratoire.

Hélène Bailly
Spécialiste de l'actualité d'Afrique Centrale, mais pas uniquement ! Et ne dédaigne pas travailler sur la culture et l'histoire de temps en temps.
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