Maroc, Chantage au roi Mohammed VI : les enregistrements audios jugés recevables

La Cour d’appel de Reims vient de juger recevables les deux enregistrements accablant les journalistes français Catherine Graciet et Eric Laurent poursuivis pour chantage et extorsion de fonds au roi Mohammed VI.

Rebondissement dans l’affaire dite du chantage au roi du Maroc. En effet, la Cour d’appel de Reims vient de juger recevables les deux enregistrements accablant les journalistes français Catherine Graciet et Eric Laurent poursuivis pour chantage et extorsion de fonds à Mohammed VI.

« Ces enregistrements n’étaient qu’un moyen de conforter l’existence du délit, celui-ci n’étant nullement remis en cause par ailleurs. Ils viennent donc s’ajouter aux différents éléments accablant déjà les accusés », ont indiqué, ce jeudi 16 février 2017, les avocats français Maîtres Eric Dupont-Moretti et Ralph Boussier dans un communiqué relayé par l’agence MAP et repris par
Yabiladi.

Rappelant que la Chambre criminelle de la Cour de cassation avait cassé l’arrêt de la Chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris, le 21 septembre 2016, au motif qu’il y avait eu une participation indirecte de la police judiciaire à la réalisation des enregistrements qui accablent les accusés en établissant fidèlement le processus de chantage et de tentative d’extorsion de fonds qu’ils avaient mis sur pied, Maîtres Moretti et Boussier soulignent que la recevabilité de la preuve ne préjuge pas du crédit qui lui sera accordé par la juridiction de fond, relève Yabiladi.

L’avocat de Catherine Graciet, Me Eric Moutet, qui a annoncé son intention de saisir à nouveau la Cour de cassation « contre ce nouvel avatar judiciaire» pour ne pas laisser passer «un tel bricolage dans la procédure pénale », insiste que « des positions judiciaires aussi contraires sur ces enregistrements sauvages démontrent en tout état de cause leur absolue fragilité ».

Catherine Graciet et Eric Laurent ont été pris, par les autorités judiciaires, en situation de flagrant délit avec une enveloppe de 80 000 euros perçus par les deux mis en examen et avec leur engagement spontané, ainsi qu’avec un manuscrit signé de leurs propres mains dans lequel ils s’engagent à ne plus rien écrire sur le roi Mohammed VI en contrepartie de la somme de 2 millions d’euros.