Maroc – Cameroun : Rabat attend le déclic des “Espagnols” des Lions de l’Atlas


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Un quart de finale à double lecture attend le Maroc face au Cameroun. D’un côté, les Lions de l’Atlas s’appuient sur une génération menée par Achraf Hakimi et Brahim Díaz, nés en Espagne et devenus des repères du jeu marocain. De l’autre, les Lions indomptables arrivent avec une étiquette qui colle à leur histoire : celle de l’équipe capable de faire dérailler le scénario rêvé des pays hôtes. Coup d’envoi à Rabat, dans une ambiance annoncée bouillante.

Le Maroc s’est frayé un chemin jusqu’aux quarts sans toujours écraser ses adversaires, mais avec cette impression de maîtrise tranquille propre aux équipes qui jouent à domicile. En huitième, il a franchi l’obstacle tanzanien sur le fil (1-0), grâce à Brahim Díaz, avec le retour de son Capitaine Achraf Hakimi. En face, le Cameroun s’est qualifié en sortant l’Afrique du Sud (2-1), avec une dynamique qui semble grandir au fil des tours.

Hakimi et Brahim Díaz, l’Espagne comme matrice… le Maroc comme évidence

Le Maroc n’a pas “importé” des joueurs : il a, au contraire, agrégé des trajectoires. Hakimi, né à Madrid, formé au Real, incarne cette génération binationale qui a grandi avec le football espagnol dans les jambes et le Maroc dans le cœur. Son rôle dépasse le couloir : il donne le tempo, sécurise les temps faibles, et peut, sur une accélération ou un coup de pied arrêté, faire basculer une soirée.

À ses côtés, Brahim Díaz représente l’autre versant de cette “filiation espagnole” : né à Málaga, passé par les sélections de jeunes espagnoles, il a choisi le Maroc et s’est rapidement mué en homme des grands rendez-vous. Dans cette CAN 2025, il a déjà marqué des points et des buts : 4 buts dans la compétition, dont le but décisif contre la Tanzanie, impact constant entre les lignes, et une capacité à transformer une action isolée en avantage définitif. Tout ce qu’il faut pour devenir la nouvelle idole des Lions.

Dans un match à élimination directe, cette expérience des grands clubs européens, le PSG pour l’un, Madrid pour l’autre, compte : gestion des temps, lucidité quand le stade s’enflamme, efficacité quand l’espace se raréfie. C’est précisément ce que recherche le Maroc face à un Cameroun réputé pour faire dérailler les plans.

Le Cameroun, l’invité qui gâche la fête des pays organisateurs

En effet, le Cameroun ne se présente pas à Rabat avec des complexes. Dans l’histoire de la CAN, les Lions indomptables ont souvent été associés aux scénarios cruels pour les pays hôtes. Exemple marquant : en 1992, au Sénégal, ils éliminent le pays organisateur en quart de finale (1-0). Lorsque le tournoi se jouecontre le pays organisateur , ils savent aussi survivre à la pression maximale : en 2000, ils s’offrent le titre en battant le Nigeria… co-organisateur, au bout des tirs au but. Même lorsqu’ils ne gagnent pas, ils ont déjà poussé un pays hôte dans ses retranchements jusqu’au bout : finale 1986 perdue aux tirs au but contre l’Égypte, à Cairo.

Ce passé ne marque pas de buts, bien sûr. Mais il façonne une identité : celle d’une équipe qui se nourrit de l’adversité, du bruit, et du scénario hostile. Avec ses 5 titres en poche, le Cameroun cherchera donc à refroidir l’ambiance. Le Maroc, lui, devra transformer l’énergie du public en précision plutôt qu’en précipitation et, dans cette équation, Hakimi et Brahim Díaz sont attendus comme les deux clés capables d’ouvrir la porte des demies.

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Amadou Atar est une référence dans le monde du football africain. Il est précis et objectif dans ses articles, même si on ne peut lui enlever un penchant historique pour le mythique club français de Saint-Etienne où sont passés plusieurs des plus grands joueurs africains de l'histoire
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