Maroc : Ahmed Snoussi alias Bziz, Jamel Debbouze et le roi Mohammed VI

Le roi du Maroc, Mohammed VI

Le Maroc a la chance d’avoir deux humoristes de renom : Jamel Debbouze et Ahmed Snoussi alias Bziz. Si le premier nommé est connu pour ses relations chaleureuses avec le roi Mohammed VI, le second n’est par contre pas en odeur de sainteté avec le souverain. Décryptage.

Jamel Debbouze l’a lui-même confirmé : c’est une complicité parfaite avec le roi du Maroc Mohammed VI. Alors au Maroc, le comédien a confié que « jamais j’aurai pensé que je vivrai ça, et encore moins cette amitié. Je suis très fier de cette amitié et de la considération qu’il me porte. C’est la même considération et l’amitié que j’ai avec mon pays, le Maroc », parlant du roi.

Si Jamel Debbouze révèle que Mohammed VI le « fait rire. Il a beaucoup d’esprit et beaucoup d’humour hamdoullah. On a la chance d’avoir un monarque ouvert, tolérant, qui aime la culture, qui la booste, qui la pousse. On a une chance incroyable et il faut le porter comme il nous porte », traduisant ainsi une sympathie que se vouent les deux homme, tel n’est pas le cas chez le comédien Bziz. Ce dernier a en effet fait l’objet d’une convocation par la police judiciaire de Casablanca, tout récemment (6 décembre). Il lui est reproché d’avoir dénoncé sur sa page Facebook les arrestations jugées arbitraires des artistes du Rif lors du Hirak de 2016-2017.

Celui qui est d’avis qu’au Maroc, « quand ils sont nommés, les ministres n’accèdent pas au pouvoir, mais au pourboire ». Dans sa trajectoire critique envers le régime monarchique au royaume, Bziz se dit convaincu : « Il n’y a jamais eu de transitions au Maroc, il n’y a eu que des transactions ». Bien évidemment, si Jamel Debbouze a le feu vert pour faire ses spectacles au royaume quand ça lui chante, Bziz est lui frappé par une interdiction qui dure depuis 25 ans. Il avait été sanctionné par le père de Mohammed VI, le roi Hassan II, après une moquerie de l’humoriste sur le sport de prédilection du souverain de l’époque, le golf.

« Ils construisent des terrains de golf alors que la sécheresse frappe de plein fouet le pays. Nos pauvres vaches squelettiques les contemplent de loin, derrière les barbelés, en bavant. Il paraît que ces terrains sont irrigués avec de l’eau minérale et que si on passe très près, on peut les entendre éructer, tellement ils sont rassasiés…», avait raillé Bziz, suffisant, indique Orient XXI, pour que son image et sa voix soient écartées des chaînes publiques du Maroc.