Maroc : après le 20 février, le 20 mars

Diverses actions sont menées, en attendant le 20 mars prochain, jour de la prochaine marche organisée par les jeunes du Mouvement du 20 février. A l’annonce de cette manifestation, le Makhzen, l’entourage du roi, tente, tant bien que mal, d’atténuer la colère des protestataires. Plusieurs sit-in ont été organisés dimanche dernier dans certaines villes du Royaume. Les manifestants exigent des réformes radicales.

La mobilisation ne faiblit pas chez les jeunes du Mouvement du 20 février. Au contraire, leur action s’élargit et ils appellent à une grande manifestation le 20 mars]. Dans l’attente de la réalisation des exigences de réformes politiques et socio-économiques, les jeunes militants à l’origine de la marche du 20 février appellent les Marocains à descendre de nouveau dans les rues. Les associations de droits de l’homme entendent, quant à elles, continuer à soutenir la lutte jusqu’à ce que des décisions concrètes et en adéquation avec ces revendications soient prises.

En réponse à ces agissements, le palais a décidé d’accélérer la mise en place du Conseil Economique et Social (CES), qui a ouvert le 21 février. Le souverain a déclaré, ce jour-là, que ce conseil serait « un nouvel et large espace, apte à conforter ce qu’offre l’Etat des institutions en termes de structures et d’instances de dialogue constructif, d’expression responsable et de réactivité positive aux aspirations des diverses catégories sociales et des différentes générations ».

Les militants gardent le cap

A ce sujet, le cyber-militant Mountafir, étudiant en art grahique à Rabat et membre du groupe Facebook Mouvement du 20 février – Rabat, joint par Afrik.com, déclare que « cette instance ne nous concerne pas, nous souhaitons des changements radicaux. La mise en place du CES est une tentative de faire taire le peuple. Ce ne sont que des mensonges ! ». De plus, Mountafir estime que la position de l’Union Socialiste des Forces Populaires et du Mouvement Populaire n’est que stratégique. « Avant la marche du 20 février, ils n’ont apporté aucun soutien. Le fait qu’aujourd’hui ces partis politiques, entre autres, soutiennent nos actions ne se résume qu’à une opération de séduction. Tout ce qu’ils veulent c’est faire passer leurs opinions personnelles. Ce ne sont que des hypocrites », estime-t-il.

« Nos revendications sont les mêmes ! Elles sont politiques et sociales », déclare Mountafir. Ces revendications sont, entre autres, la mise en place d’une Constitution démocratique, la dissolution du gouvernement et du parlement et la libération des détenus politiques et d’opinions. Ce cyber-militant juge que « les représentants du gouvernement ne sont que des corrompus et n’ont même pas été élus par le peuple ». Ces jeunes protestataires, pour la plupart étudiants ou jeunes diplômés, réclament la création d’emplois et d’un revenu salarial pour tous les diplômés-chômeurs.

Ismaël, l’un des coordinateurs du groupe Facebook Tous pour une monarchie parlementaire précise quant à lui « qu’il est inévitable pour le royaume chérifien d’envisager la création d’une monarchie parlementaire. Le rôle du roi doit être limité. Ceci dit, il conserverait sa place en tant que garant de l’immunité nationale. Il est temps d’évoluer vers une monarchie démocratique à l’image de la Grande-Bretagne ou de l’Espagne. »

Sit-in du 6 mars

La jeunesse du 20 Février a observé des sit-in dans plusieurs villes du royaume le 6 mars dernier. Des actions qui faisaient suite aux manifestations pacifiques qui ont eu lieu le 20 février et annonçaient celles programmées pour le 20 mars prochain.

A Rabat, moins de 300 personnes se sont rassemblées dimanche, place de la poste, alors qu’elles étaient près de 2000 à Casablanca. A Tanger, un sit-in non autorisé, qui a réuni 150 personnes, a été dispersé par les forces de l’ordre suite à l’apparition de fauteurs de troubles qui s’apprêtaient à vandaliser des biens public.

Mountafir, membre du groupe Facebook est l’un des organisateurs de la marche du 20 février, pour la ville de Rabat. Il nous a précisé que, lors du sit-in dans cette ville, du matériel audiovisuel a été confisqué par les forces de l’ordre alors que le chanteur Salah Taouil s’apprêtait à faire un mini-concert.

C’est de nouveau un bras de fer qui opposera les militants au gouvernement le 20 mars. La marche du 20 février à suscité de vives inquiétudes au sein de la monarchie. En réponse, le roi a tenté de calmer ses concitoyens en créant le Conseil Economique et Sociale. Mais quand est-il des revendications ? A ce jour, aucune action concrète en rapport avec les attentes des manifestants n’a été mise en place. Le palais sera-t-il davantage à l’écoute lors de la prochaine manifestation ?