Maroc : Aïd El-Adha ? « Oui ». A la maison ? « Non ! »

Ces Marocains qui fêtent l’Aïd dans les hôtels. Enquête.

La flambée générale du prix des moutons à l’occasion de l’Aïd El-Adha, célébré le 26 octobre, donnent des idées à certains. Plutôt que d’acheter un mouton à un prix exagérément élevé, des couples et des familles ont décidé de partir en week-end spécial « Aïd » pour, plus ou moins, le même prix. Et même si la tendance ne se développe qu’à petite échelle, elle n’est pas pour déplaire aux hôteliers pour qui ces huit derniers mois n’ont pas été des plus joyeux.

Marrakech, Essaouira ou encore Tanger, des formules spéciales « Aïd » aussi alléchantes les unes que les autres sont proposées dans les grands hôtels. Ainsi, le Sofitel Marrakech, par exemple, mise tout sur ses clients locaux et propose des formules adaptées aux différentes bourses. Ce « Palais impérial » propose une chambre double à 2 340 dirhams (210 euros) pour la nuit de l’Aïd. Certains hôteliers vont plus loin et proposent des prix défiants toute concurrence comme le Kenzi Menara Palace. L’établissement classé 5 étoiles organisent des soirées animées chaque soir pendant les trois jours de l’Aïd pour 650 dirhams la nuit par personne (58 euros).

Les familles, cible privilégiée

Plus loin encore, certains hôteliers proposent des formules pour des familles entières. Et de fait, cette année, la fête du sacrifice tombe en pleine vacances scolaires de la Toussaint qui débutent ce jeudi 25 octobre au Maroc. Et pour attirer les familles marocaines qui disposent d’un revenu confortable, certains, comme l’Eden Andalous à Marrakech, proposent une « vraie » fête avec cérémonie du sacrifice à des prix intéressants. Les familles sont une clientèle de plus en plus courtisée lorsque beaucoup d’entre-elles ne veulent pas s’encombrer de la corvée du mouton. Et tout est bon pour les attirer, des activités aux repas offerts pour les enfants. En ce moment, les hôteliers ne s’attendent pas à la ruée des clients français et préfèrent se concentrer sur la clientèle locale.

Dans le chamal (nord), certains n’hésitent pas à casser complètement les prix. L’hôtel Andalucia Golf de Tanger propose de mêler « détente » et « tradition » le temps d’un week-end, pour deux personnes à 1600 dirhams (145 euros) au lieu de 4 000 dirhams (360 euros).

Des promotions « trompent l’œil’ »

En fait, que ce soit dans le nord ou le sud, toutes ces promotions existent pour, beaucoup d’entre-elles, à longueur d’année. Seulement, à l’occasion de l’Aïd El-Kébir, la touche « folklorique » et « l’ambiance » Aïd sont ajoutées à toutes ces formules. De plus, certains hôtels qui promettent des fêtes de l’Aïd hors du commun laissent à désirer.

Quoiqu’il en soit, et même si beaucoup n’afficheront pas complet, les hôteliers ont bel et bien l’intention de profiter de cette fête pour remonter des chiffres d’affaires en berne.