Marie-Thérèse Altermath : « Il faut donner leur chance à tous les citoyens »

Marie-Thérèse Altermath est tête de liste à Paris du Parti Fédéraliste, aux élections régionales françaises, et numéro deux de l’Alliance Ecologiste Indépendante avec laquelle le Parti Fédéraliste s’est allié. Elle nous explique les raisons de son engagement et son point de vue sur la diversité en politique.

Marie-Thérèse Altermath-Nyogol-Massing est née au Cameroun en 1960, à Yaoundé. Elle est chef d’Entreprise et diplômée d’école de commerce. Entrée en politique dès 1989 dans les rangs du PS, elle est actuellement candidate aux élections régionales de 2010 en tant que tête de liste du Parti Fédéraliste[Parti créé en 1995 qui promeut l’établissement d’une Europe Fédérale]] et numéro deux sur la liste de [l’Alliance Ecologiste Indépendante[Rassemblement politique crée en 2009, qui a fusionné avec le Parti Fédéraliste, le Collectif des Démocrates Handicapés, le Mouvement Ecologiste Indépendant, la France en Action. Il a pour slogan : « Une identité au-delà de la droite et de la gauche ».]] pour Paris. Elle est également présidente de plusieurs associations, notamment du [Conseil des Mariannes de la République et d’Europe, un mouvement pour le droit des femmes et l’égalité des chances, ainsi que du Black Lobbying International, qui valorise les Chefs d’entreprises issus de la diversité.

Afrik.com : Pourquoi êtes-vous entrée en politique ?

Marie-Thérèse Altermath : Parce que j’ai des convictions et que je voulais partager mes idées. Je pense qu’on peut faire de la politique autrement. Il suffit d’avoir la volonté. Et je voulais tirer la sonnette d’alarme.

Afrik.com : A quel moment avez-vous décidé de quitter le PS ? Pourquoi ?

Marie-Thérèse Altermath : Je suis partie du PS en l’an 2000 parce qu’ils ne m’ont pas laissé la possibilité de défendre mes positions sur l’écologie. De plus j’étais toujours cantonnée au second rôle, malgré mes acquis et mon expérience (j’ai été militante au PS pendant 18 ou 20 ans). Cela reste cependant un parti que je respecte beaucoup et je me retrouve dans son combat. L’Alliance Ecologiste Indépendante milite cependant mieux pour la protection de la nature. Et c’est le seul parti qui respecte vraiment la diversité. Dans ce parti, la diversité ce n’est pas que des paroles, c’est aussi des actes. Le PS, lui, a aligné ses adhérents de la diversité un peu tard, il leur a fallu trop de temps pour les faire sortir de l’ombre.

Afrik.com : Pourquoi avez-vous choisi d’être dans l’Alliance Ecologiste indépendante ?

Marie-Thérèse Altermath : J’ai choisi d’être à l’Alliance, car en ce moment on a un grâve problème au niveau du dérèglement climatique. Et ce problème touche plus particulièrement les pays du Sud. Ils subissent de plein fouet les dérèglements climatiques. Et pourtant, ce sont les pays du nord qui font que le climat change. On nous propose tous les jours des produits tels que la pomme de terre transgénique, le maïs transgénique…Et quand on pense que moins de la moitié de ce qui est produit est consommé, je pense vraiment qu’on peut consommer bien mais autrement.

Afrik.com : Quel est votre point de vue sur la question de la diversité dans la vie politique ?

Marie-Thérèse Altermath : Selon moi, la diversité n’est pas assez représentée dans la politique. La France multicolore n’est pas assez représentée malgré des lois. De plus, on ne donne pas assez de moyens à la diversité de s’investir en politique. Il faut donner à la fois des moyens physiques et financiers aux minorités et à la diversité. Egalement, je lance un appel aux minorités à s’engager, je leur dit : on ne viendra pas vous chercher, donc engagez-vous. Il faut également voter, car c’est un moyen de faire changer les choses. C’est un moyen pacifique qui peut faire changer beaucoup de choses. Dans certains pays, des gens meurent pour avoir le droit de vote. Donc Il faut voter. La classe moyenne, elle, ira voter, tout le monde en a conscience. Et chacun d’entre nous sait aussi que la classe populaire et la diversité ne va pas le faire. Certains comptent sur ça. Si on se mobilise, on peut être une force politique énorme. Concernant la question des quotas, je pense que si c’est un moyen qui peut fonctionner, pourquoi pas. Les femmes par exemple même avec les quotas n’ont toujours pas atteint un niveau convenable de représentation. Que ce soit au Sénat, à l’Assemblée Nationale, au Conseil Constitutionnel…La femme, elle ne peut pas abandonner la vie qu’elle a à côté, les enfants etc. Il faut donc vraiment donner les moyens aux minorités de pouvoir agir politiquement.

Afrik.com : Lorsque vous dites qu’« il faut donner à la fois des moyens physiques et financiers aux minorités de la diversité », par quels moyens pensez-vous que l’Etat devrait agir pour une plus grande diversité dans la vie politique ?

Marie-Thérèse Altermath : Déjà, en donnant la même chance à tous les citoyens. Il ne faut pas en reléguer certains en seconde zone. Il ne faut pas en laisser certains dans des cités, il faut donner des moyens à tout le monde pour réussir. Comme par exemple ouvrir les grandes écoles aux familles modestes. Ainsi que les prépas à ces grandes écoles, qui coûtent vraiment cher, ce qui est déjà une forme de ségrégation. C’est de l’élimination à la base. Il faut donner leur chance à tous les citoyens et leur permettre de trouver du travail. Les personnes issues de la diversité ont 2 à 3 fois plus de mal pour trouver ne serait-ce qu’un stage en fin d’études. Ca aussi, c’est un moyen de faire des citoyens de seconde catégorie.

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