Marée noire au large de la Tunisie

Un bateau battant pavillon marocain s’est échoué, mardi, sur les côtes tunisiennes. 13 des 200 tonnes de fuel que contenait le cargo se sont déjà échappées des réservoirs, provoquant un début de marée noire. Pour les sauveteurs, les intempéries, qui sévissent depuis quelques jours sur le nord du pays, représentent un véritable handicap. Avec la catastrophe c’est tout une partie du littoral et du tourisme balnéaire qui est menacée.

Par Smahane Bouyahia

Marée noire en Tunisie. Un porte-conteneur marocain a heurté, mardi, par une forte tempête, des rochers sur les côtes Nord-est tunisiennes. Plus de treize tonnes de fuel se sont déjà échappées des réservoirs du cargo MSC Al Amine qui en transporte 200. La nappe d’hydrocarbure menace une partie du littoral touristique. Le bateau s’est échoué sur la presqu’île du Cap Bon, à l’Est de Tunis, non loin de Korbous, une station thermale très prisée des Tunisiens et des touristes étrangers.

Des mesures d’urgence

L’équipage, sain et sauf, du MSC Al Amine, avait jeté l’ancre pour la nuit au large de Korbous, mais le bateau n’a pas résisté à la force du vent, selon les propos d’un agent de la Protection Civile rapportés à l’AFP. La commission régionale de lutte contre la pollution marine a pris les premières mesures pour circonscrire la zone polluée et nettoyer la côte rocailleuse déjà souillée par le mazout.
Les ministres de l’Intérieur, Rafik Belhaj Kacem, de la Défense, Hedi Mhenni et de l’Environnement, Nadir Hamada se sont aussitôt rendus sur les lieux

Le Plan National anti-pollution a été activé. Sur le terrain, des hommes de la Protection Civile, de la Garde Nationale et de l’armée ont été dépêchés pour déblayer le terrain. Leur rôle est de récupérer le maximum de fuel à bord de bateaux pneumatiques. A défaut de machine de pompage, le service de l’environnement à mis à leur disposition des machines au bord de la route qui se remplissent au fur et a mesure du ramassage. Les secouristes font ainsi un incessant va-et-vient entre la plage et les nappes de fuels. A la demande de l’armateur marocain, sept experts néerlandais ont inspecté les lieux pour essayer de colmater les fuites des réservoirs.

Une tempête qui ne favorise pas les secours

Les efforts menés pour contenir et évaluer la marée noire sont fortement entravés par le mauvais temps, comme le souligne Larbi Bouguerra, un des experts chargés de l’affaire. Le Nord de la Tunisie connaît actuellement une vague de froid, avec des vents violents atteignant parfois 80 à 100 Km/heure. Selon météo France, le temps devrait malheureusement rester très perturbé dans cette région, et de nombreuses averses orageuses sont à prévoir.

Le vent risque de faire dériver les nappes de fuel vers les plages de Korbous, station thermale très prisée. Les sauveteurs, en raison de l’instabilité du temps, ont beaucoup de mal à déployer suffisamment de barrages flottants autour de la zone d’échouage. A Kordous, les responsables de la station thermale se refusent, pour le moment, à tout commentaire. La clientèle, très nombreuse, n’aurait pas bougé…pour le moment. Pour Korbous, qui vit de la mer et du tourisme, l’accident pourrait se transformer en une véritable catastrophe économique. La faune marine est déjà affectée, les premiers poissons englués de mazout ont déjà été repêchés. Le bateau couché sur le flan devrait être désensablé et tracté vers l’un des chantiers navals les plus proches d’ici à deux semaines.