Marché automobile en plein essor ?

Le marché automobile africain a des spécificités plus ou moins connues, selon les pays, leur développement et leurs relations commerciales historiques. Il garde pourtant une grande caractéristique : la place qu’y représentent les voitures d’occasion et les échanges qui s’instaurent dans ce domaine entre l’Europe et l’Afrique. La Compagnie ACLN s’est placée sur ce créneau, avec un succès évident… Révélateur d’une très forte demande.

« En raison d’une pression continue de la demande d’automobiles en Afrique, la compagnie a embarqué en mai 2001 un nombre d’automobiles en hausse de 214% par rapport à 2000.  » Tels étaient les termes du communiqué victorieux émit le 29 juin dernier à Los Angeles par la compagnie ACLN, leader mondial sur le marché du transport, par cargos, des véhicules d’occasion, ou neufs, destinés aux marchés africains.

L’activité de cette société est bien particulière et elle permet de jauger avec une exactitude relative le climat du marché sur lequel elle opère : s’adressant aux acheteurs ou aux vendeurs de véhicules d’occasion en Europe à destination de l’Afrique, elle prend en charge les voitures depuis un port du vieux continent – Anvers en Belgique, Amsterdam aux Pays Bas, Hambourg et Brême en Allemagne -, pour les acheminer jusqu’à leur destination, qui peut être en Afrique du Nord (Tripoli et Baghazi en Libye, Tunis et Zarzis en Tunisie, Nouakchott en Mauritanie) ou en Afrique de l’Ouest (Banjul, Conakry, Abidjan, Tema, Lome, Lagos, Douala, Luanda…).

Demande fulgurante

Les clients paient à l’avance la compagnie pour l’expédition par bateau et pour l’ensemble des services qui y sont liés, notamment les passages en douane. Ce sont les agents de la compagnie qui accueillent les véhicules à leur arrivée et en assurent l’acheminement jusqu’à leurs acheteurs individuels.

Dans ces conditions, au mois de mai dernier, ACLN fut pour la première fois capable de remplir à elle seule un cargo d’une capacité de 2500 véhicules depuis Hambourg et de l’envoyer directement à sa destination unique, en l’occurrence le port béninois de Cotonou…

Exceptionnel ? Certes, mais l’exception risque de devenir la règle, si l’on en juge par les chiffres de croissance affichés tant en nombre de véhicules transportés qu’en profits pour la Compagnie. Désormais cotée au Nasdaq à New York, le parcours de cette entreprise créée en 1978, et qui connaît depuis un développement continu, détonne dans un environnement boursier passablement déprimé, où beaucoup voudraient pouvoir afficher l’optimisme du patron d’ACLN, Aldo Labiad.  » Nous sommes armés pour répondre à la rapide augmentation de la demande à laquelle nous assistons dans nos pays de destination et nous allons continuer à nous développer pour desservir ces marchés sous-approvisionnés « .

Les raisons du succès

La raison du succès est là : les automobiles de seconde main viennent judicieusement combler les besoins de pays dans lesquels les véhicules neufs ont du mal à s’écouler, du fait de leur coût. Les occasions disponibles sur le marché européen sont souvent en excellent état, le rythme de renouvellement du parc étant extrêmement rapide… Et la filière des marchés d’occasion de Belgique et des Pays-Bas étant maintenant bien connue, de plus en plus de particuliers y recourent directement…

D’où des résultats, en termes de croissance de chiffre d’affaires, particulièrement spectaculaires depuis quelques années : plus 80% entre 1999 et 2000, plus 100% entre 2000 et 2001 si l’on en juge par les ventes du premier semestre…

Contexte porteur

Un contexte favorable et porteur que la société définit elle-même ainsi :  » Les économies des marchés africains auxquels ACLN s’adresse ont enregistré une croissance significative au cours des quinze dernières années, accélérée depuis 1995. Cette croissance s’est traduite par une augmentation du PIB par habitant, une amélioration des infrastructures de communication et une hausse des importations d’automobiles. Ces éléments conjoncturels, ajoutés à la disparition de certains tarifs douaniers prohibitifs grâce aux accords du GATT notamment, ont entraîné une forte hausse de la demande en automobiles neuves ou d’occasion « .

Avec pour conséquence un emballement de la demande pour les services d’acheminement  » clef en main  » offerts par cette compagnie, répondant à la faiblesse de la production d’automobiles en Afrique même et à la situation de sous-approvisionnement dont souffrent les marchés locaux.

Pour en savoir plus :

Allen & Caron Inc,