Manifestations monstres à Abidjan

Les Ivoiriens ont battu le pavé pour déloger la junte du pouvoir. Les différents corps d’armée n’auraient pas tous fait allégeance officiellement au candidat élu, mais la présidence est tombée. Des discussions sont en cours. Le RDR demande de nouvelles élections.

Des dizaines de milliers de personnes ont envahi le quartier du Plateau où sont concentrés les centres névralgiques du pouvoir, scandant le nom de Gbagbo. Selon l’entourage du président du FPI présent à cette manifestation des partisans d’Alassane Ouattara seraient également très nombreux à scander le nom de leur favori évincé par la junte. Le siège de la présidence est tombé aux mains des manifestants pro-Gbagbo, soutenus par la gendarmerie.

Le porte-parole du RDR, Aly Coulibaly, cité par une de nos confrères de l’AFP, a exigé la tenue de nouvelles élections.  » J’espère qu’ils ne songent pas à profiter de la situation. Ce serait une grossière erreur dont sont coutumiers nos amis du RDR « , s’inquiète un membre de l’entourage de M Gbagbo. Le même qui affirme que la tension fait  » peu à peu place à la fête « .

Les gendarmes combattent la junte

En début d’après midi, Laurent Gbagbo, présenté à la radio et à la télévision comme  » le premier président de la seconde République de Côte d’Ivoire « , a remercié ses compatriotes d’avoir répondu présents à son  » appel à la résistance « .

Sur l’ensemble des corps d’armée seule la gendarmerie a fait allégeance au vainqueur des élections, alors que le chef de la garde présidentielle a appelé à la fin des combats et que le chef d’Etat Major, Soumaila Diabakaté, a ordonné aux soldats de regagner les casernes. Ce sont les blindés qui prenant fait et cause pour les manifestants ont activement participé aux combats pour la prise du siège de la télévision nationale.

Selon un contact proche du leader socialiste qui a tu son nom, des discussions entre les représentants des divers corps d’armée et Laurent Gbagbo seraient toujours en cours. Mais il s’est dit incapable de nous livrer les termes de ces tractations. La gendarmerie, ainsi que des éléments des forces de polices et de l’armée nationale participeraient activement à la manifestation en cours, assurant la protection de la foule. La mort rôde encore entre Abaobo et le quartier du Plateau où l’on dit craindre  » les tireurs isolés « .

Seule certitude, le général Gueï est introuvable, vraisemblablement déjà loin d’Abidjan.