Manifestation monstre en Algérie, la France acte la transition

C’est un nouveau vendredi de manifestations qu’a connu Alger la Blanche pour la sixième semaine consécutive et certains observateurs pensent que le chiffre symbolique d’un million de manifestants dans les rue de la capitale algérienne est atteint et davantage encore à travers le pays. Pour le Gouvernement français, désormais la transition s’impose.

Le ministre français des Affaires étrangère, Jean-Yves Le Drian, a salué aujourd’hui le civisme remarquable du peuple algérien qui a manifesté de nouveau ce vendredi 29 mars 2019 pour obtenir la fin du système au pouvoir. Maintenant la transition s’impose a déclaré le représentant officiel de la France actant une prise de position claire d’Emmanuel Macron et du Gouvernement français, alors que les manifestations massives se poursuivent en Algérie dans le calme et sans incident notable.

Pourtant le Gouvernement français avait envisagé plusieurs scénarios, dont un catastrophique anticipant un embrasement de la violence. Le média public français FranceInfo fait, en effet, référence à un scénario avec une fuite massive d’une partie de la population du pays suite à une éventuelle répression qui avait conduit l’Etat Français à construire un plan prévoyant l’arrivée massive de bateaux remplis de migrants algériens dans plusieurs ports de la Méditerranée.

Mais c’est tout le contraire qui se passe, les manifestants, de plus en plus nombreux, marchent unis avec même des chants de supporter anti-Bouteflika, qui ont été repris en chœur par des supporter d’équipes adverse, une chose rare dans le monde du football.

Les images des manifestations ont été diffusées sur les réseaux sociaux mais aussi sur la télévision nationale, actant ainsi une fois de plus que le système avait définitivement lâché le clan Bouteflika, lire aussi Algérie, il était une fois Abdelaziz Bouteflika.

« L’Algérie doit être maîtresse de son destin. La population contribue par ces différentes manifestations à montrer son appartenance et sa fierté algériennes. Il faut donc que le processus qui va se mettre en œuvre, de transition, qui maintenant s’impose, puisse se dérouler dans les meilleures conditions« , a déclaré encore le ministre français des Affaires étrangère, Jean-Yves Le Drian à l’Agence France Presse (AFP).

Une transition sans aucun doute, mais dans quelles conditions. C’est la question désormais sur toutes les lèvres, et une partie de la réponse se trouve sans aucun doute entre les mains du puissant général Gaïd Salah.

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