« Maman la Woma » : l’excision vécue par une fille devenue adulte


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MAMAN, LA WOMA Maman, j'ai mal

L’excision est un fléau qui perdure particulièrement en Afrique. Roseline Zannou a voulu, à travers son film « Maman la Woma (maman j’ai mal) » montrer les ravages de cette pratique tout au long de la vie d’une femme, mais aussi faire part de la responsabilité de tous. Son film a reçu la mention « émotion » au festival Les rencontres du court-métrage d’Annemasse, en octobre dernier.

« Une image vaut mille mots », une expression que Roseline a bien assimilée. L’excision est un thème qui lui tient particulièrement à cœur. Après avoir écrit des textes, chanté sur le sujet, fait des clips, elle a voulu exposer ce fléau autrement. Pour elle, l’excision « est un crime contre l’humanité parce que les conséquences d’un tel acte portent atteinte à tous les droits fondamentaux de l’enfant ». En 2016, elle décide donc de réaliser ce court métrage afin « d’apporter un regard sensible, une remise en question et d’ouvrir une perspective de questions liées à la maltraitance faites aux enfants ». Ce film signe donc le point de départ des actions de son association Avip’Art.

Des amateurs pour un film captivant

Ioseline Zannou a réalisé son film entre le nord du Bénin (Djougou) et Paris avec « une caméra, une perche de prise de son et des sandalettes ». C’est grâce à son ami réalisateur Kader que le film a pu voir le jour. « Kader m’a tout de suite suivi dans mon idée folle car je n’avais pas de financement mais juste la passion qui m’anime et la foi qui me guide », déclare-t-elle. Pour réaliser ce film, Roseline et Kader ont dû affronter les chefs de villages, les directeurs d’école afin d’avoir l’autorisation d’impliquer des écolières à leur film. L’adjoint au maire de la ville de Djougou leur a été d’une aide précieuse.

« Ce film est le résultat de la collaboration de chacun, puisqu’il n’y a pas d’acteur professionnel, et toutes les scènes et dialogues sont le fruit d’une participation volontaire, d’une mise en situation de leur compréhension du sujet ». Afin d’évoquer au mieux ce sujet sensible, voire tabou, dans un film, Roseline a pris la précaution de prendre des références auprès de la fédération GAMS et le comité Inter-Africain.

Ce film a ému grâce à ses acteurs, son émotion, le regard posé sur ce fléau. En octobre dernier, « Maman la Woma » a reçu la mention « Emotion » au festival Les rencontres du court-métrage d’Annemasse. Une récompense qui donne la force à Roseline de finir son nouveau projet de documentaire en Inde, toujours autour du thème de l’enfance.

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