Mali : un nouveau gouvernement « d’union nationale » à la tête du pays

Le président de la transition, Dioncounda Traoré, a enfin formé le cabinet « d’union nationale », réclamé par la Cédéao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest), ce lundi. La nouvelle équipe est constituée de 31 ministres, regroupés autour du Premier ministre reconduit, Cheick Modibo Diarra.

(De notre correspondant)

L’heure de la réconciliation a sonné au Mali. Ce gouvernement Cheick Modibo Diarra II est le fruit de longues tractions et concertations entre les acteurs de la classe politique et de la société civile. Il était âprement réclamé par la Cédéao (la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest). Son objectif premier est de réunifier le pays coupé en deux depuis le mois de mars.

Ce cabinet « d’union nationale » compte 31 ministres, dont 18 faisaient déjà partie de l’ancienne équipe. Ainsi, les départements clés ont gardé leurs titulaires. Il s’agit notamment du Général Tiéfing Konaté à la Protection civile, Moussa Sinko Coulibaly à l’Administration territoriale, le Colonel Yamoussa Camara à la Défense, tous proches du capitaine Sanogo chef de l’ex junte militaire. Tiéna Coulibaly conserve le ministère de l’Economie et des Finances. Quant au magistrat Malick Coulibaly, il garde son portefeuille de la justice.

Côté nouveautés, les entrées remarquables sont celles de Tiéman Coulibaly aux Affaires étrangères ou Bruno Maiga à la Communication. Ils remplacent respectivement le très discret Sadio Lamine Sow et Hamadoun Touré, qui était le porte-parole du précédent gouvernement. On note également la création d’un ministère des Affaires religieuses et du culte et l’arrivée d’un touareg, Ousmane Ag Rhissa, au ministère de l’Artisanat et du tourisme.

Réunifier le pays

Ce nouveau gouvernement, qui est une exigence de la communauté internationale et des bailleurs de fonds, comprend toutes les sensibilités politiques du Mali. Il s’agit notamment du front uni pour la sauvegarde de la démocratie (Fdr), un mouvement anti junte et la convergence des organisations patriotiques du Mali (Copam), une organisation proche du capitaine Sanogo. Seul le Sadi, le parti d’Oumar Mariko, affirme ne pas être membre de la nouvelle équipe.

Cette nouvelle équipe ministérielle devra s’atteler à l’organisation d’élections libres et démocratiques dans le pays. Ce qui passe tout d’ abord par la réunification du pays dont les 2/3 du territoire sont occupés par différents groupes armés.

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