Mali : un gouvernement d’ouverture pour réunifier le pays

Le Premier ministre malien Oumar Tatam Ly a formé ce dimanche son gouvernement. Composé de 34 ministres, le gouvernement se veut être d’ouverture. Il est aussi marqué par la création d’un nouveau ministère, celui de la Réconciliation nationale et du Développement des Régions du Nord.

Trois jours seulement après sa nomination au poste de Premier ministre, Oumar Tatam Ly forme son gouvernement. Ce dernier est mis en place un an et demi après le coup d’Etat militaire qui a plongé le pays dans la crise. Le nouveau gouvernement comprend 34 ministres et ministres-délégués. Il intègre toutes les sensibilités politiques et est doté d’un nouveau ministère, celui de la Réconciliation nationale et du Développement des Régions du Nord.

Un gouvernement d’ouverture

Oumar Tatam Ly a nommé au sein de son gouvernement, des personnalités politiques issues d’autre partis que celui d’Ibrahim Boubacar Keita. Il a ainsi nommé aux Affaires étrangères, un ex-rebelle arabe des années 1990, Zahabi Ould Sidi Mohamed. Ex-adversaire du nouveau Président, il est réputé proche de l’Algérie, il n’a plus vécu au Mali depuis des années. Ce poste marque donc son grand retour au pays. Plusieurs ministres de la Transition sont à nouveau nommés dans cette nouvelle équipe. Parmi eux, celui de l’Intérieur, le général Moussa Sinko Coulibaly. Ce dernier est l’ancien directeur de Cabinet du général Sanogo. La Défense revient à Soumeylou Boubeye Maïga, qui a déjà occupé ce poste. Ex-patron des services de renseignement, les questions portant sur le Nord du pays demeurent sa spécialité. Au moment du coup d’Etat du 22 mars 2012, il était ministre des Affaires étrangères d’Amadou Toumani Touré. D’abord pressenti pour la primature, il y a quelques jours, il aura finalement la lourde tâche de remettre sur pied l’institution militaire. Les autres ministres sont des membres actifs du Rassemblement pour le Mali (RPM).

Création du ministère de la Réconciliation nationale

En prêtant serment, le nouveau Président a identifié plusieurs priorités pour son quinquennat, parmi lesquelles la réconciliation nationale. C’est pour cette raison qu’il a créé le ministère de la Réconciliation nationale et du Développement du Nord. Il sera dirigé par un proche du Président, Cheick Oumar Diarra. Un département qui répond à la priorité numéro un du chef de l’Etat : réunifier le pays. L’objectif est de redéfinir toute la politique de développement des régions du nord Mali qui a été au cœur des revendications des mouvements armés de l’Azawad, comme le MNLA. Il servira à piloter le projet de réconciliation qui demeure un défi majeur.