Mali : pourquoi le général putschiste, Amadou Sanogo, a été écroué

Le général malien Amadou Sanogo, auteur du putsch de mars 2012 qui a plongé le Mali dans le chaos, a été inculpé, ce mercredi 27 novembre à Bamako, pour meurtres et assassinats. Un mandat de dépôt lui a été délivré par le juge d’instruction Yaya Karembe, qui avait ordonné son interpellation.

Amadou Sanogo, récemment promu général par le Président de la transition Dioncounda Traoré, et auteur du putsch de mars 2012 qui a plongé le Mali dans le chaos, a été inculpé, ce mercredi 27 novembre à Bamako, pour meurtres et assassinats. Un mandat de dépôt lui a été délivré par le juge d’instruction Yaya Karembe, qui avait ordonné son interpellation.

Vilipendé par Human Rigths Watch

Amadou Sanogo n’avait pas l’intention de se plier à la volonté de la justice malienne et déférer à la convocation adressée par le juge d’instruction Yaya Karembé qui voulait entendre le putschiste sur les nombreuses exactions dont ses hommes sont accusés, contre les bérets rouge, qui étaient fidèles au Président déchu. Sauf que l’auteur du coup d’Etat contre Amadou Toumani Touré n’avait pas répondu mardi 19 novembre dernier, à sa convocation devant la justice malienne pour des violences imputées à ses hommes. Ce qui avait le plus enfoncé Amadou Sanogo est que de nombreuses organisations de défense des droits de l’Homme, notamment Human Rights Watch, avaient dénoncé des tueries et arrestations arbitraires menées après le coup d’Etat.

Trois soldats morts à Kati : l’exécution de trop

En outre, la justice malienne tenait à interroger le général Amadou Sanogo sur l’affaire de la mutinerie menée en début octobre par certains de ses anciens hommes, à Kati, son ex-fief, situé près de Bamako, alors qu’ils réclamaient des promotions. Sauf que des éléments du dernier carré fidèle au général Sanogo ont été soupçonnés d’avoir réprimé de nombreux soldats ayant pris part à la « fronde ». Sanogo plongera davantage lorsque, à la mi-octobre, des familles qui se sont confiées à l’AFP ont affirmé avoir découvert dans la caserne de Kati et ses alentours les corps d’au moins trois de leurs parents soldats exécutés. Par qui ? Les pistes semblaient mener vers le général Sanogo est ses hommes.
Suffisant pour que le juge d’instruction insiste pour l’entendre.

Touché par les éclats du coup d’Etat

Face à sa réticence, Yaya Karembe mobilise une troupe de soldats qui, très tôt dans la journée de ce mercredi, ont été cueillir le général Amadou Sanogo chez lui. En renversant en mars 2012 le président Amadou Toumani Touré, Amadou Sanogo, à l’époque capitaine, a précipité le Mali dans la crise, les islamistes armés ont en effet exploité la situation pour accumuler les conquêtes dans le nord du pays, jusqu’à l’intervention militaire internationale déclenchée par la France en janvier 2013 et qui est d’ailleurs toujours en cours.

Promu général par le Président de transition, Dioncounda Traoré, juste après l’élection, le 11 août dernier, d’Ibrahim Boubacar Keïta, Amadou Sanogo n’aura pas le temps de savourer sa promotion. Un mandat de dépôt lui a été délivré par le juge d’instruction Yaya Karembe, ce mercredi, à Bamako.