Mali : enquête ouverte chez les soldats tchadiens de la Minusma accusés de viol

Les soldats tchadiens de la Minusma (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali) sont en mauvaise posture. La Minusma a annoncé avoir ouvert une enquête préliminaire sur les allégations de mauvaise conduite et d’abus sexuels concernant des casques bleus à Gao.

Quatre militaires tchadiens seraient retenus par la Minusma et soupçonnés d’être parmi les auteurs d’abus sexuels. « La Minusma a indiqué ce lundi que des allégations de mauvaise conduite ont été portées la semaine dernière à l’encontre de certains de ses Casques bleus, notamment d’un cas d’abus sexuel », a rapporté le Centre d’actualités de l’ONU sur son site Internet.

Témoignage d’une femme victime de viol ?

Une femme dit avoir été violée dans la nuit du jeudi 19 au vendredi 20 septembre par des Casques bleus tchadiens. Les faits se seraient déroulés dans l’une des auberges de la ville où les Casques bleus tchadiens étaient venus faire la fête. La présumée victime a été entendue, a reçu une assistance médicale et elle a même été en mesure de reconnaître quatre de ses agresseurs présumés. Ces derniers faisaient partie du groupe de 165 soldats à avoir quitté leur base de Tessalit (commune du nord-est du Mali) en signe de protestation contre le non-paiement de primes et l’absence de relèves, et à rejoindre Gao où ils devaient rencontrer des responsables de l’état-major tchadien. Aucun détail n’a été fourni sur la « victime déclarée ». Le document ne fournit pas, pour l’instant, d’indication sur les autres cas de « mauvaise conduite », ou le nombre de Casques bleus concernés.

Le Tchad devra prendre ses responsabilités

Le Tchad a été averti de manière officielle par l’ONU de l’existence de ces cas d’abus sexuels. En tant que pays contributeur de ces troupes, c’est à lui de mener les enquêtes et, si les allégations sont avérées, de prendre les sanctions nécessaires. « Les pays contributeurs de troupes portent la responsabilité d’ouvrir une enquête et de veiller à prendre les mesures disciplinaires et judiciaires appropriées si les allégations s’avéraient fondées », a affirmé le porte-parole de Ban ki-Moon, Martin Nesirky. La Minusma « adhère au code de conduite le plus élevé possible pour tous ses personnels, militaires, policiers et civils. Le Secrétaire général a une politique de tolérance zéro pour toute forme d’abus et d’exploitation sexuels », a-t-il ajouté.

D’après une source onusienne, cette affaire de viols intervient au moment où le Tchad espère obtenir un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité des Nations Unies.