Mali : les combats entre le MNLA et les islamistes font rage

Regain de tensions dans le Nord-Mali. De violents affrontements ont éclaté ce mercredi à Gao entre les rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et les islamistes du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), dissidence d’Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi).

Gao transformée en champ de bataille. La ville du Nord-Mali est le théâtre, ce mercredi, de violents combats entre les rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et les islamistes du Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao). Les affrontements se déroulent non loin du gouvernorat, selon le propriétaire d’une station d’essence. « Les combattants des deux mouvements se tirent dessus à l’arme lourde », a-t-il affirmé. Des témoins font état de dizaines de cadavres, selon Reuters.

Gao dans la tourmente

Le répit. Gao n’y a pas eu droit ces derniers temps. La ville tombée entre les mains des rebelles du MNLA et des islamistes est confrontée à des tensions quotidiennes. Trois personnes ont péri mardi dans une manifestation. Les habitants sont descendus dans la rue pour réclamer le départ des groupes armés suite à la mort d’Idrissa Ouamarou, enseignant et élu local, abattu lundi par des hommes en moto. Ce dernier, très apprécié par la population, était membre de l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adema), formation politique du président par intérim Dioncounda Traoré. La contestation est de plus en plus vive contre les rebelles du MNLA. « Nous ne voulons plus des gens du MNLA, ni du Mujao chez nous à Gao. Il faut que l’armée malienne vienne rapidement pour nous aider à chasser les bandits armés », a déclaré Moustapha Maïga, un élu d’une localité proche de Gao.

Manifestation à Bamako contre l’inaction des autorités

A Bamako, c’est la consternation. Dépassé par les évènements, le régime de transition n’a toujours pas la solution à la crise qui dévore le Mali depuis mars, suite au renversement d’Amadou Toumani Touré par le capitaine Amadou Sanogo. Face au drame que vivent les populations du nord, l’Adéma s’en est pris aux autorités, dénonçant leur laxisme et inaction. Des populations confrontées depuis cette semaine aux coupures d’électricité et au manque d’eau potable, selon le correspondant d’Afrik.com au Mali.

Dans la capitale malienne, les habitants de Daouabougou, un quartier de la commune V sur la rive droite du fleuve Niger, ont également manifesté lundi pour exiger des autorités de transition d’arrêter de faire des discours et de faire la guerre.

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