Mali : la chasse aux faux diplômés est ouverte

Le gouvernement de transition dirigé par Cheick Modibo Diarra part en guerre contre les titulaires de faux diplômes, qui exercent dans la fonction publique et dans les collectivités locales. Selon une enquête diligentée par le ministre de la Fonction publique, de la Gouvernance et des Réformes Administratives et Politiques, Mamadou Namory Traoré, 2 000 fonctionnaires maliens n’ont pas de diplômes authentiques. Des fonctionnaires dont l’intégration à la fonction publique pourrait être purement et simplement annulée par les nouvelles autorités.

(De notre correspondant)

La chasse aux faux diplômés de la fonction publique défraie la chronique dans la capitale malienne, Bamako. L’affaire est sur toutes les lèvres. Jeunes et vieux, tout le monde en parle. Surtout depuis l’apparition il y a quelques jours de cela, dans un journal de la place, d’une liste de personnes détentrices de faux diplômes. Ils sont au nombre de 148 pour le moment. Ces titulaires de faux parchemins qui avaient intégré la fonction publique malienne, après s’être fait passer pour des contractuels de l’Etat et des collectivités territoriales, ont vu leur intégration annulée. Ils redeviennent ainsi de simples contractuels.

Au Mali, la fonction publique compte en son sein de nombreux faux diplômés. Ainsi, si l’on en croit une étude menée récemment par le ministère de la Fonction publique, 2 000 agents de l’administration malienne n’auraient pas de diplômes authentiques. Et ce sont les régies financières de l’Etat, à savoir la douane, le trésor et les impôts qui seraient les plus touchées par le phénomène. Pour le ministre de la Fonction publique, de la gouvernance et des réformes administratives Mamadou Namory Traoré, les faux diplômés de la fonction publique de l’Etat et des collectivités territoriales seront chassés de l’administration avant de faire face à la justice.

Une initiative salutaire

Cette chasse aux faux diplômés est saluée par de nombreux Maliens notamment les jeunes diplômés sans emplois. Ils encouragent le ministre Mamadou Namory Traoré à aller jusqu’au bout de sa logique.

« La question des faux diplômes est une triste réalité au Mali. Pour intégrer la fonction publique, il faut connaitre de hauts responsables de l’administration. Je salue donc l’initiative du ministre qui doit remettre de l’ordre dans la fonction publique malienne gangrénée par la corruption et le népotisme », se réjouit Mohamed Sanogo, étudiant en droit. Pour Ibrahima Sidibé, « les recrutements dans l’administration se font de façon occulte. Il faut mettre fin à ces pratiques et encourager les vrais diplômés, les plus méritants. » Mohamed et Ibrahima, qui seront dans quelques années sur le marché de l’emploi, espèrent que cette initiative des nouvelles autorités de la transition ne s’arrêtera pas en si bon chemin. Cela pour le bonheur de nombreux diplômés victimes de la corruption et du favoritisme ambiant.

Lire aussi :

 Philippe Hugon : « Le Mali présente tous les ingrédients d’un nouvel Afghanistan »

 Le Mali veut doubler sa production cotonnière

 La décennie perdue de l’économie ivoirienne