Mali : l’ONU valide l’envoi de 12 600 casques bleus


Lecture 4 min.
arton30188

Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté ce jeudi la résolution autorisant la création d’une mission de maintien de la paix au Mali. Si les conditions le permettent, cette force prendra le relais des forces africaines et françaises, le 1er juillet prochain, pour une période initiale de 12 mois.

L’ONU valide la création de la mission de maintien de la paix au Mali. Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est prononcé ce jeudi, à l’unanimité, en faveur de la Mission intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma).

Elle prendra le relais de la Misma (force panafricaine), sera déployée au 1er juillet prochain, si les conditions de sécurité le permettent, et « pour une période initiale de 12 mois », rapporte LeParisien.fr.

Comment maintenir la paix dans un pays en guerre ? La résolution approuvée signale que le Conseil de sécurité déterminera si la sécurité sur le terrain est suffisante afin d’y déployer 11200 soldats et 1440 policiers, dont des « bataillons de réserve capables de se déployer rapidement », précise le texte.

Philippe Bolopion, directeur de Human Rights Watch aux Nations unies (New York), accueille avec enthousiasme ce vote de l’ONU : « Le Conseil de Sécurité des Nations Unies a confié un mandat solide en matière de droits humains à la Mission Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation au Mali (MINUSMA) pour faire face aux défis complexes auxquels le Mali est confronté. La MINUSMA devra prendre des mesures rapides pour protéger les civils vulnérables et poser les fondements nécessaires pour aider les autorités actuelles et futures du Mali à résoudre les problèmes qui ont déclenché la crise, notamment la faiblesse de l’Etat de droit, l’impunité et de profondes tensions ethniques. Les défis à venir sont énormes, mais les dispositions concernant les droits humains contenues dans cette résolution devraient donner des moyens pour les relever. »

Succès de la diplomatie française

Des casques bleus au Mali. C’est la requête française présentée au Conseil de sécurité de l’ONU, lundi 15 avril. Les premiers soldats français sont rentrés du Mali jeudi 11 avril dans l’après-midi. Environ 120 hommes, les Bérets rouges de Pamiers, ont été rapatriés dans l’Hexagone, concrétisant ainsi l’annonce de François Hollande d’un retrait progressif de l’armée française. C’est pour cela que la France a demandé aux Nations unies d’assurer le relais avec le déploiement des casques bleus.

« La résolution autorisera aussi « les troupes françaises (…) à intervenir en soutien à des éléments de la Minusma en cas de danger grave et imminent les menaçant et à la demande » du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon ». Cette mission de maintien de la paix de l’ONU au Mali devra « stabiliser les centres urbains essentiels, particulièrement dans le Nord », et « empêcher un retour d’éléments armés dans ces zones ». Les Casques bleus devront, par ailleurs, protéger les civils et le patrimoine culturel ainsi que surveiller le respect des droits de l’homme. La Minusma aura, en outre, une mission politique. C’est-à-dire, elle devra épauler les autorités maliennes de la transition à mettre en place un dialogue national afin d’organiser, comme prévu, les élections législatives et présidentielle en juillet prochain. Pour cela, il faudrait trouver un terrain d’entente avec les Touaregs du Mouvement national de l’Azawad (MNLA) qui refusent toujours de désarmer.

Le déploiement des casques bleus au Mali permettra à la France de respecter son calendrier de retrait des troupes françaises au Mali. François Hollande avait fixé l’objectif de ramener le nombre de contingents déployés au Mali à 2000 en Juillet, et à un millier fin 2013.

En moins d’une semaine, l’exécutif français a réussi à faire adopter à l’Assemblée nationale la poursuite de l’opération Serval, ainsi que le déploiement des casques bleus au Mali par le Conseil de sécurité de l’ONU. Un succès diplomatique qui permet à François Hollande de réduire les coûts financiers et humains de la guerre au Mali.

Newsletter Suivez Afrik.com sur Google News