Mali : l’ONU prolonge le mandat de la MINUSMA

Le Conseil de sécurité des Nations-Unies a prolongé, jusqu’au 30 juin 2015, le mandat de la mission de l’ONU au Mali (MINUSMA). Ses objectifs, faciliter un règlement politique et étendre sa présence dans le nord du pays.

Après la fragile accalmie dans le nord-Mali, le Conseil de sécurité des Nations-Unies a finalement prolongé, jusqu’au 30 juin 2015, le mandat de la mission de l’ONU au Mali (MINUSMA). Ses principales missions : faciliter un règlement politique et étendre sa présence dans le nord du pays.

Selon la résolution, l’effectif autorisé des Casques bleus reste le même, 11 200 militaires et 1 440 policiers, de même que l’arrangement par lequel les soldats français présents au Mali pourront leur prêter main forte « en cas de danger grave et imminent». D’après la résolution, la MINUSMA devra « étendre sa présence, notamment grâce à des patrouilles de longue portée (..) dans le nord du pays, au-delà des principales agglomérations, et en particulier dans les zones où les civils sont en danger ». La mission aura aussi pour tâche prioritaire d’aider à lancer des négociations entre le gouvernement malien et les rebelles touaregs du Nord.

Une décision qui fait suite sans doute aux sanglants affrontements à Kidal (nord), qui ont opposé les militaires maliens aux rebelles touaregs. Un cessez-le-feu avait été conclu le 23 mai entre les deux parties, mais les négociations n’ont toujours pas commencé. La résolution « exhorte les autorités maliennes à lancer sans tarder un processus de négociation crédible et ouvert, et exige que tous les groupes armés déposent les armes ». La MINUSMA aura aussi pour mission la protection du personnel et des installations de l’ONU, et la sauvegarde du patrimoine culturel du Mali.

La MINUSMA face au manque de moyens

Le Conseil demande à l’ONU de « prendre les mesures nécessaires pour permettre à la MINUSMA d’atteindre sa pleine capacité opérationnelle le plus tôt possible et aux pays membres de fournir hommes et matériels nécessaires ». Dans son dernier rapport sur le Mali, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, déplorait un manque d’hélicoptères pour la MINUSMA. Celle-ci devrait par contre être dotée de drones de surveillance, dont les premiers pourraient arriver à la fin de l’année.

La MINUSMA a pris le relais de la force panafricaine en juillet 2013 pour contribuer à la stabilisation du Mali, dont le Nord est occupé par des groupes armés liés à Al-Qaïda. Selon le département de maintien de la paix de l’ONU, elle compte actuellement 8 280 soldats et 980 policiers déployés sur le terrain, soit 73% de ses effectifs autorisés. Selon l’ONU, la quasi-totalité des soldats et policiers (93%) sont déjà déployés dans le nord du pays, soulignent des responsables de l’ONU. Il s’agit maintenant d’installer dans le nord des experts civils pour aider à la réconciliation, au respect du droit de l’Homme ou à l’organisation d’élections locales.