Mali : Human Rights Watch dénonce les violences des groupes armés

Au Mali, l’association de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch a dénoncé, ce mardi, dans un rapport, les violences des groupes armés présents dans le pays.

Plus de deux ans après le début de l’intervention militaire française, puis internationale dans le pays, l’association met en lumière les violences des groupes armés? dans un rapport édifiant rendu public ce mardi. Elle évoque également l’apparition d’un nouveau groupe djihadiste dans le pays.

« Insécurité généralisée »

Human Rights Watch passe au crible, dans son rapport, les actes de violence menés par Al-Qaïda, les milices pro-gouvernementales, les groupes rebelles du Mouvement de libération de l’Azawad. Cette association pointe du doigt les abus de ces groupes, estimant que le Mali vit une situation « d’anarchie et d’insécurité généralisée », particulièrement au nord du pays.

Les forces de sécurité maliennes et les groupes pro-gouvernementaux ont, selon Human Rights Watch, fait subir des violences à la population malienne.Onze hommes ont montré à Human Rights Watch des signes physiques de mauvais traitements, notamment des cicatrices à la tête, au visage, aux poignets, aux jambes et à la poitrine. De nombreux commerçants, bergers, hommes d’affaires et résidents des villages et des villes sous le contrôle des groupes armés dans le Nord ont évoqué l’utilisation d’enfants soldats, dont certains à peine âgés de 12 ans, par le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), le Haut-conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA) et les factions du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA).

Ces groupes commettent également des vols organisés de bétail. Human Rights Watch s’est entretenu avec 10 bergers dont le bétail : les moutons, les chèvres et les chameaux, ont été volés depuis juillet 2014. Les Casques bleus de la MINUSMA, déployés au Mali en juillet 2013 et mandatés pour protéger les civils et créer des conditions propices à l’apport de l’aide humanitaire, font l’objet de fréquentes attaques et ont, par conséquent, subi de lourdes pertes : 35 morts et plus de 130 blessés.

En plus de ces violences, Human Rights Watch a décelé l’existence d’un nouveau groupe islamiste, Force de libération du Macina, qui a lancé plusieurs attaques dans le centre du pays, depuis janvier 2015. Human Rights Watch accuse ce nouveau groupe djihadiste d’avoir commis de nombreuses exactions comme l’exécution de civils ou encore des menaces de mort à l’encontre de personnes soupçonnées de collaborer avec le gouvernement et l’armée française.