Mali : des Sénégalais dans les rangs des jihadistes

Selon le rapport sur la paix et la sécurité dans l’espace de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (Cedeao), le Sénégal est sous la menace des mouvements islamistes radicaux. Cela serait du à la situation qui prévaut actuellement dans le nord-Mali et qui n’épargne pas ses voisins directs dont le Sénégal.

Dans ce rapport, 3ème du genre, et résultat d’une collaboration entre l’Institut d’études de Sécurité (Iss) et ses collaborateurs dont Open society initiative for west Africa (Osiwa), note Le Populaire, l’accent est mis sur le radicalisme religieux et la menace terroriste au Sénégal. Dans le rapport, on peut lire : « Des ressortissants sénégalais, pour certains, des candidats malheureux à l’émigration, ont été signalés dans les rangs des jihadistes au Mali, pays de transit vers l’Europe pour de nombreux migrants clandestins ». Ce qui contraint, et légitimement, les rédacteurs du rapport à se demander « si le Sénégal, pays voisin du Mali, fortement islamisé et traversé par de nombreux courants, notamment salafistes et wahhabites, de surcroît contributeurs de troupes à la Mission internationale de soutien au Mali (Misma), est directement menacé ou s’il peut également devenir un théâtre d’opérations ou une zone de repli », lit-on dans Le Populaire.

Le Sénégal est traversé par les courants religieux les plus radicaux

Dès lors, se pose la question de savoir si le Sénégal peut être dans une stabilité dans ce contexte d’instabilité. Surtout que le rapport s’est en outre interrogé sur l’existence au Sénégal de mouvances religieuses radicales qui pourraient entreprendre des actions violentes à la faveur du contexte régional et de circonstances imprévisibles. De l’avis du Docteur Bakary Samb, comme tout autre pays du Sahel, le Sénégal est traversé par les courants religieux les plus radicaux comme les plus tolérants. « Le Sénégal ne peut pas être un ilot de stabilité dans un océan d’instabilité. On ne peut plus se permettre de fermer les yeux et dormir sur le mythe du Sénégalais naturellement non violent », lâche l’enseignant-chercheur au Centre d’études des religions à l’université Gaston Berger de Saint-Louis.

« Les idéologies violentes de l’islam sont présentes au Sénégal »

Le Docteur Samb est convaincu que ce qui arrive aux autres pays ne peut pas nous arriver. Mais il reconnaît que « depuis un certain moment, il y a une mutation profonde du champ islamique sénégalais. Une mutation qui n’a pas été étudiée depuis très longtemps », avant de lancer l’alerte. « On se rend compte que toutes les idéologies violentes qu’on retrouve dans l’islam et dans le monde musulman sont aujourd’hui présentes au Sénégal. C’est l’exemple du salafisme et du wahhabisme qui ont conduit au saccage du patrimoine de Tombouctou dans le nord du Mali. Dès lors que cette idéologie qui a conduit à la situation actuelle du Mali est présente au Sénégal, l’opérationnalité ne peut qu’être une question de circonstance », conclut le Docteur Bakary Samb. Suffisant pour se demander si le renforcement actuel de la sécurité au Sénégal, notamment dans la capitale sénégalaise ne serait pas lié à cette question de la ramification du terrorisme. A moins que l’État du Sénégal ne prépare activement la venue du Président américain Barack Obama, qui nécessite plus de sécurité que la normale. Coïncidence ou pas, wait and see !