Mali-Algérie : Abdoulaye Maïga à Alger, six semaines après le dégel


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Le Premier ministre malien Abdoulaye Maiga
Le Premier ministre malien Abdoulaye Maiga

Le Premier ministre malien, le général de division Abdoulaye Maïga, se déplace ce lundi 24 août à Alger pour une visite de travail. Depuis le retour des ambassadeurs en juillet, c’est l’Algérie qui donne le tempo d’une normalisation dont elle a pris chacune des initiatives.

Deux semaines après l’invitation formulée le 9 août au téléphone par le Premier ministre algérien Sifi Ghrieb, sur instruction du président Abdelmadjid Tebboune, Abdoulaye Maïga sera reçu en audience par ce dernier et tiendra des séances de travail avec son homologue. Il est porteur d’un message du président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta.

Le communiqué de la Primature malienne décrit un échange qui traduit « la volonté commune des plus hautes autorités des deux pays de privilégier le dialogue, la concertation et la coopération ». Il faut mesurer le chemin parcouru. Après la destruction d’un drone militaire malien dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025, Bamako et Alger avaient rappelé leurs ambassadeurs et fermé leurs espaces aériens, ouvrant quinze mois de rupture. C’est Tebboune qui a débloqué la situation le 10 juillet 2026 en ordonnant le retour à Bamako de l’Ambassadeur Kamel Retieb, dans le souci affiché de réinscrire la relation dans son cadre historique.

Le carburant et la frontière

Les deux capitales partagent plus de 1 300 kilomètres de frontière saharienne, une zone où opèrent les réseaux de trafiquants et les groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique. La reprise du dialogue rend de nouveau envisageable le fonctionnement du Comité d’état-major opérationnel conjoint de Tamanrasset, créé pour coordonner la réponse aux menaces transfrontalières et resté largement à l’arrêt pendant la crise. Alger avait par ailleurs réaffirmé en avril, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Ahmed Attaf, son attachement à l’intégrité territoriale du Mali.

Le volet économique n’est pas secondaire. Confronté à de sérieuses difficultés d’approvisionnement en carburant, le Mali peut espérer des livraisons plus régulières d’hydrocarbures algériens. Bamako, de son côté, met en avant dans son communiqué « le soutien apporté par le Mali à la lutte de libération du peuple algérien », référence à une solidarité ancienne qui reste aujourd’hui une caution morale au rapprochement.

Reste qu’une rencontre entre Assimi Goïta et Abdelmadjid Tebboune n’est pas encore à l’ordre du jour. La visite de lundi dira dans quel délai les deux gouvernements saborderont les dossiers de fond.

communiqué de presse du Mali annonçant la visite d'Abdoulaye Maïga à Alger
communiqué de presse du Mali annonçant la visite d’Abdoulaye Maïga à Alger
Ali Attar
Ali Attar est un spécialiste reconnu de l'actualité du Maghreb. Ses analyses politiques, sa connaissance des réseaux, en font une référence de l'actualité de la région.
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