Malawi : Report de l’audience concernant l’adoption d’un enfant par Madonna

Un juge de la Haute Cour de Lilongwe a reporté d’une semaine l’audience devant examiner la demande d’un groupe d’organisations de défense des droits de l’homme s’opposant à l’adoption « accélérée » d’un petit malawite par la star américaine Madonna. L’avocat de la star américaine reste confiant.

Au cours d’une audience de 20 minutes, vendredi matin, les avocats de la chanteuse et des associations de défense des droits de l’homme ont présenté leurs déclarations sous serment devant le juge Andre Nyirenda, qui a ajourné l’audience jusqu’à vendredi prochain.Cette décision de renvoi est motivée par sa volonté de permettre à l’Attorney General Jane Ansha de consulter le ministère de la Femme, de l’Enfant et des Services communautaires.

« Nous sommes prêts pour cette affaire, mais l’Attorney General souhaite consulter le ministère de la Femme sur tout le processus d’adoption », a déclaré à la presse devant le tribunal, Me Alan Chinula, un avocat de Madonna. Soutenant que sa cliente n’a enfreint aucune des lois du Malawi en adoptant le petit David, âgé de 13 mois, l’avocat a souligné: « Notre position est que toutes les procédures légales ont été suivies ».Quant à Undule Mwakasungura, qui représente le Comité consultatif des droits de l’homme (HRCC, regroupant 67 associations), il a souligné que son organisation n’est pas contre l’adoption en soi, mais souhaite simplement que la loi soit respectée. »Nous notons que les lois ont été contournées et notre préoccupation est que le gouvernement crée un précédent de nature à légaliser le trafic d’êtres humains », a-t-il souligné.

Des associations malawites déterminées

M. Mwakasungura, qui est directeur exécutif du Centre pour les droits humains et la réhabilitation (CHRR), a ajouté que Madonna et son époux, le réalisateur britannique Guy Ritchie, n’ont passé que huit jours au Malawi, mais ont obtenu une ordonnance judiciaire leur accordant la garde temporaire de l’enfant. »Des escrocs peuvent s’engouffrer dans cette brèche et profiter de nos enfants », a-t-il averti. Il a déclaré que le HRCC souhaite être autorisé à être partie du processus d’adoption afin de vérifier qu’aucune loi n’a été contournée.Il a maintenu que les lois actuelles du Malawi interdisent les adoptions internationales, indiquant que les parents adoptifs doivent résider dans le pays et avoir fait l’objet d’une évaluation pendant 18 à 24 mois avant qu’un magistrat achève le processus.

Mais en délivrant au couple de célébrités une ordonnance intérimaire le 12 octobre, le juge Nyirenda a estimé que la notion de résidence dépendait du moment et de l’endroit où la demande d’adoption a été formulée. »La notion de résidence n’est pas spécifiée par la loi, il n’y a pas non plus de définition claire de la nature de la résidence, qui est parfois qualifiée de « résidence permanente » ou de « résidence ordinaire », a fait remarquer le juge.