Malawi : la Cour constitutionnelle annule la Présidentielle 2019 et invite à un nouveau scrutin

Peter Mutharika, Président sortant du Malawi sera-t-il éjecté ou va-t-il conserver son fauteuil ?

La décision fortement attendue a été rendue par la Cour constitutionnelle du Malawi. La Présidentielle de 2019 a été purement et simplement annulée et l’organisation d’un nouveau scrutin attendu dans un délai de 150 jours.

La Cour constitutionnelle a conclu que le Président Peter Mutharika « n’a pas été dûment élu le 21 mai 2019 ». « En conséquence, nous annulons les résultats de l’élection présidentielle ». Tel est le verdict rendu cet après-midi par les juges de la Cour constitutionnelle malawite dans un document de 500 pages. La haute juridiction ordonne l’organisation d’une nouvelle élection présidentielle dans un délai de 150 jours.
Dans sa décision, la Cour a relevé de nombreuses irrégularités qui portent atteinte à cette élection. Il y a par exemple, l’usage du « Tipex » pour falsifier les votes.

Cette décision, qui risque d’être lourde de conséquences pour le pays, constitue pour l’heure une victoire pour l’opposition qui criait à la fraude depuis la proclamation des résultats de l’élection qui avaient donné pour vainqueur le Président sortant. Prévoyant le pire, toutes les parties prenantes du contentieux et la communauté internationale avaient lancé des appels au calme.

Rappelons que Peter Mutharika a succédé, en 2014, à Joyce Banda à la tête du Malawi. Son mandat a été marqué par des scandales de corruption, des pénuries alimentaires et des coupures d’électricité, ce qui a engendré un mécontentement général de la population. En 2018, à un an de la Présidentielle prévue pour 2019, par exemple, des milliers de Malawites sont descendus dans la rue pour dénoncer les scandales de corruption dont l’un impliquait directement le chef de l’Etat lui-même.