Malawi, Démission de la présidente de la Commission électorale : un pas vers une présidentielle plus crédible ?

La présidente de la Commission électorale du Malawi (MEC), Jane Ansah, a fini par céder à la pression populaire en déposant le tablier, hier soir. Si cette démission peut être considérée comme une victoire par l’opposition et la société civile, garantit-elle pour autant une élection exempte de fraudes ?

La pression continue et les manifestations, enchaînées depuis des semaines par l’opposition et la société civile malawites pour exiger le départ de Jane Ansah, présidente de la MEC, ont fini par porter leurs fruits, hier. En effet, dans la soirée de ce jeudi 21 mai 2020, Jane Ansah a officiellement annoncé sa démission de son poste. « J’ai écrit à l’autorité qui m’a nommée (le Président) pour l’informer que j’avais décidé de quitter mes fonctions », a-t-elle annoncé sur les ondes de la radiotélévision nationale MBC.

Nommée à la tête de la Commission par le Président Peter Mutharika, en octobre 2016, en remplacement de Justice Maxon Mbendera décédé deux mois plus tôt, Jane Ansah est considérée par l’opposition malawite comme le principal artisan des fraudes électorales ayant conduit à la réélection du Président sortant en mai 2019. C’est la raison pour laquelle elle exige, par d’importantes manifestations organisées depuis février (la campagne “Jane Ansah Must Fall”), quelques jours seulement après l’annulation de la Présidentielle par la Cour constitutionnelle du pays, le départ de Jane Ansah.

Le mardi 24 mars 2020, alors que le nouveau scrutin présidentiel a été annoncé pour le 2 juillet, l’opposition a redoublé d’ardeur dans l’exigence du départ de la présidente de la MEC qu’elle juge illégitime pour organiser la nouvelle élection. Elle avait même prévu de saisir la justice à cet effet, s’il le fallait. A un mois du scrutin, puisque la nouvelle date retenue est le 23 juin, Jane Ansah a donc accédé à la requête de l’opposition.

Si cette opposition peut se réjouir de ce qu’elle peut considérer comme une victoire, cette démission constitue-t-elle le gage d’une élection plus juste et équitable ? Là est toute la question à laquelle les Malawites attendent une réponse affirmative, pour que le calme et la stabilité reviennent dans leur pays qui fait l’expérience du multipartisme depuis 1994.