Malawi : coup de torchon au sommet

Le président du Malawi a annoncé la dissolution de son gouvernement pour cause de corruption. Aux différents ministères on ne s’inquiète pas outre mesure.

Le président du Malawi, Bakili Muluzi, a annoncé mercredi sur les ondes de la radio nationale, qu’il allait renvoyer les 33 membres de son gouvernement. Le chef d’Etat cède à la pression des opinions publiques et internationales excédées par la corruption qui mine les instances dirigeantes du pays.

Mis en cause par le bureau anti-corruption du pays, Transparency international et la Grande Bretagne qui a déclaré ne pas vouloir  » aider un gouvernement corrompu « , M. Muluzi a dû récemment se séparer de 39 Mercedes-Benz (modèle classe S) pour une valeur de 1, 7 million de livres sterling.

Rapport accablant

Un rapport du comité parlementaire des comptes publics a révélé que 2, 3 millions de dollars alloués au budget du ministère de l’Education s’étaient purement volatilisés au terme de contrats de construction d’écoles qui n’ont jamais vu le jour. La presse locale a également révélé que plusieurs millions de kwachas avaient servi a graisser la patte des membres de la commission électorale chargés de veiller au bon fonctionnement des élections générales de juin 1999. Outre Londres, le Fonds monétaire international (FMI), le Danemark et les Etats-Unis ont fait savoir par la voix de leurs ambassadeurs qu’ils conditionnaient leur soutien à une véritable lutte contre la corruption.

L’annonce de la dissolution du cabinet est accompagnée de rumeurs d’arrestations des six ministres du Front de l’unité démocratique (parti au pouvoir) impliqués dans les pots de vin versés à la commission électorale. Mais l’opposition, relayée par nombre d’observateurs, n’y voit que de la poudre au yeux destinée à rassurer les investisseurs potentiels et calmer la colère de l’opinion publique.

Au siège du gouvernement malawite, l’annonce de cette dissolution est vécue avec un certain flegmatisme.  » Pour l’instant aucun ministre n’a été congédié, l’ambiance est on ne peut plus normale « , fait-on savoir au ministère de l’Education. Manière de dire que  » l’annonce de la dissolution n’est pas suivie d’effets pour le moment « , indique une autre source au siège du cabinet  » dissout « .