Malaika-Tamu Cooper et Morris Aberdeen : deux lockticiens à Paris

Le salon Boucles d’ébène, qui se tiendra les 3 et 4 juin prochains à Paris, est le rendez-vous rêvé de toutes les personnes en mal d’informations sur les cheveux naturels dans l’Hexagone. Les célèbres lockticiens Malaika-Tamu Cooper et Morris Aberdeen seront de la partie pour le plus grand plaisir des porteurs de locks français.

La prêtresse et le prince des locks seront au salon Boucles d’ébène (BE) qui se tient ce week-end à Paris. Professionnels réputés dans leurs pays, les lockticiens Malaika-Tamu Cooper et Morris Aberdeen feront respectivement le déplacement des Etats-Unis et de Grande-Bretagne pour partager leur savoir-faire – technique et produits – avec les aficionados des locks en France. Des laissés-pour-compte en la matière faute d’interlocuteurs appropriés, alors que le cheveu crépu ou frisé a de plus en plus la cote. « C’est un véritable exode », affirme Malaika-Tamu Cooper pour expliquer l’engouement croissant des Africains-Américains, pourtant pionniers, pour cette coiffure qui s’inscrit dans une véritable tendance, comme dans l’Hexagone, celle du retour au cheveu naturel. Il en est de même en Angleterre, témoigne Morris Aberdeen. Lui qui plus jeune avait ignoré les locks, influencé par les Run DMC (groupe à la mode à cette époque), les retrouvera définitivement en 1992. « J’ai intégré la Fondation Pata créée par des compatriotes Trinidadiens, cela a été l’occasion de mieux connaître l’histoire du peuple noir, de comprendre ce qu’être Noir veut dire », explique le coiffeur pour qui le port des locks a rééellement pris toute sa dimension. Avec ses trois salons dans la capitale londonienne, à l’instar de sa consœur qui en compte le même nombre à Baltimore où elle vit, Morris Aberdeen apporte sa pierre à ce qui correspond, pour beaucoup de descendants africains, à une réappropriation de leur identité.

De précieuses sources de conseils et d’informations

Malaika-Tamu Cooper, que l’on surnomme affectueusement ‘Loc Mama’, instigatrice d’une rencontre similaire au salon Boucles d’ébène dans sa ville (Natural hair care conference and holistic beauty expo), se définit comme une « éducatrice ». « Aux Etats-Unis, les Africains-Américains n’ont souvent aucune idée de ce que c’est que de porter des locks ou des cheveux naturels, car la majorité se défrise parce que c’est ce qu’on lui suggère partout. Je m’attelle à changer leur manière de percevoir leur chevelure naturelle en les rassurant sur son entretien. » Les gens viennent de tous les Etats-Unis, du Canada et même des Indes pour prendre conseil auprès de cette native du Maryland qui a remporté, à l’échelle nationale, les ciseaux d’or de la coiffure des cheveux naturels (« Golden scissors award for natural hair care stylist ») en 2002 et en 2003. Son expérience personnelle fait d’elle un interlocuteur de choix. Elle renonce définitivement au défrisage en 1985 – elle ouvrira son premier salon 10 ans plus tard -, ses proches, qui comprennent aujourd’hui sa démarche, l’avaient alors traitée de « folle » parce qu’elle avait choisi de couper de longs et beaux cheveux défrisés.

Les mentalités évoluent donc et permettent, par exemple, à Morris Aberdeen d’offrir occasionnellement ses services à des Caucasiens qui souhaitent avoir des locks. Même si leur chevelure s’y prête moins, cette coiffure est pour lui, à l’heure actuelle, « définitivement universelle ». « Les locks jouissent maintenant d’une connotation positive contrairement à ce qu’on a connu dans le passé, notamment grâce à de nombreux artistes.» Lui et Malaika-Tamu Cooper vous en donneront largement la preuve et surtout les moyens de les entretenir convenablement les 3 et 4 juin prochains.

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