Main basse sur le thé camerounais

Deux ans après l’appel d’offre, la filière thé de la Cameroon development corporation (CDC) a enfin trouvé preneur. Il s’agit du consortium dirigé par la société sud-africaine Brobon Finex Limited. Il s’est octroyé 65 % du capital. Montant de la transaction : 2,6 milliards de F CFA (4 170 000 euros).

Près de 10 ans après l’annonce officielle de la privatisation de la Cameroon developpement corporation (CDC), 24 mois après le lancement de l’appel d’offre, le gouvernement camerounais a enfin trouvé preneur pour l’une de ses quatre filières. Fleuron de la CDC, la filière thé a été cédée aux Sud-africains de la Brobon Finex, le 18 octobre dernier. Une opération qui rapporte à l’Etat camerounais la rondelette somme de 2,6 milliards de F CFA, dont près de la moitié, soit 1,103 milliard, servira à rembourser les dettes accumulées par la filière.

Investissement à long terme

Le consortium dirigé par la société sud-africaine Brobon Finex Limited, qui a une longue expérience dans le domaine de l’exploitation du thé, a créé une société de reprise dénommée Cameroon Tea Estates (CTE) dont le directeur général est John Niba Ngu, ancien ministre de l’Agriculture. Ce dernier aura principalement pour mission d’augmenter, sur 5 ans, la production de thé de 500 ha sur les sites de production existants de Ndu, Tolé et Ndjuittitsa. Avec pour objectif d’étendre la surface totale de production à près de 3 000 hectares en 15 ans. La CDC dispose actuellement de 50 000 hectares de terre non cultivée. En plus du prix de cession, l’entreprise sud-africaine doit réaliser un programme d’investissement de plus de

8 milliards de F CFA d’ici 2012.

Un label connu de tous

La CDC est le deuxième employeur après l’Etat avec un effectif de près de 13 000 personnes, contre environ 15 000 avant les plans de restructuration lancés au début des années 90. Elle est l’un des plus vieux et des plus vétustes complexes agro-industriels du Cameroun et dispose de près de 100 000 hectares de terres agricoles. Elle a été inscrite en 1992 dans le portefeuille des entreprises à privatiser. La stratégie adoptée par l’Etat camerounais est celle de la cession par filière. Les quatre filières retenues sont : le thé, le caoutchouc, l’huile de palme et la banane. Des quatre appels d’offres lancés pour la privatisation de la CDC, seul celui concernant la filière thé a été fructueux, bien que ce ne soit pas la plus importante de ses activités.