Magic System : le nouveau porte-drapeau de la musique africaine

Issu des quartiers populaires d’Abidjan, le jeune quatuor ivoirien, Magic System, a été propulsé en moins de deux ans dans les hautes sphères du star système. Conscient de devoir montrer la voie à d’autres groupes africains, il s’attaque, samedi, à la plus grande salle parisienne. Interview.

Un million cinq cent mille albums vendus en Afrique, bientôt disque d’or en France, des concerts dans vingt-deux pays traversés, Magic System est le groupe africain du moment. Les quatre potes d’Abidjan, A’Salfo, Tino, Goudé et Manadja ont désormais sur leurs épaules le poids d’un succès qui dépasse leurs espérances.  » Premier Gaou « , leur hit et le titre de leur premier album, s’est répandu à travers l’Afrique comme une traînée de poudre. Mieux, non seulement il relance le zouglou en Côte d’Ivoire mais il l’exporte également en Europe et ailleurs. Le groupe compte bien, samedi, dans la salle parisienne du Zénith, prouver qu’il n’a pas usurpé les lauriers de sa gloire. Un challenge, sous l’oeil de leurs grands frères musicaux, tel Koffi Olomide et Extra Musica, invités pour l’occasion.

Afrik : Vous allez vous produire dans la plus grande salle parisienne. Qu’est ce que ça représente pour vous ?

A’Salfo : Le Zénith est un challenge. Un tournant décisif dans notre carrière. Après Alpha Blondy, nous sommes les deuxièmes artistes ivoiriens à se produire dans cette salle. Nous n’avons pas le droit à l’erreur car nous voulons donner espoir aux autres groupes du pays et plus largement africains.

Afrik : Avec Koffi Olomidé et Extra Musica, entre autres, vous avez des invités prestigieux. Opération marketing ou histoire d’amitié ?

A’Salfo : Ces invités de marque sont là pour nous apporter une bénédiction. Nous ne les avons pas conviés à la fête dans le but d’une plus grande reconnaissance. Koffi Olomide est un peu notre grand frère. La dernière fois qu’il est passé à Paris, il a chanté une de nos chansons, nous en étions très fiers et très touchés. Nous avons rencontré les gars d’Extra Musica à Brazzaville (Congo, ndlr). Ils nous avaient alors apporté un soutien fraternel, alors que personne ne croyait en nous. Une amitié est née, d’où leur présence, samedi au Zénith.

Manadja : Et puis il ne faut pas oublier Jocelyne Labille. C’est grâce à elle que tout à commencé. C’est elle et Claudy Siar (RFI) qui nous ont repérés, il y a deux ans en Côte d’Ivoire.

Afrik : Il y a deux ans à peine vous étiez inconnus, aujourd’hui vous êtes des stars. Comment gérez-vous votre succès ?

A’Salfo : Notre succès est un conte de fée. Mais c’est trop pour nous. Il faut être prêt psychologiquement. Hier, on avait du mal à trouver un transport pour aller au village, aujourd’hui nous avons toujours la presse sur le dos. Heureusement, nous avons été élevés dans des familles pauvres et nous savons où nous voulons aller, sinon nous aurions vite perdu la tête. Mais le succès reste un poids. Les gens ne voient maintenant que Magic System et oublient notre âge. A 25 ans nous sommes, malgré nous, les portes-flambeaux de la musique africaine. C’est un fardeau, certes, mais nous essayons de l’assumer le mieux possible. Et on prie Dieu pour que ça continue comme ça.

Afrik : Qu’est ce que vous avez prévu pour samedi ?

A’Salfo : Samedi, c’est la campagne de vaccination anti-gaou (gaou = péquenot, ndlr) qui continue. Une chose est sure, on ne vient pas au Zénith pour s’asseoir. ça va être la fête. Et on compte bien montrer qu’il n’y a aucun tour de passe-passe sur l’album et que c’est bien nous qui faisons le son du Magic System.

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