Madagascar : Rajoelina s’emporte contre l’Union européenne

Le gouvernement malgache a sollicité le soutien de l’Union européenne pour organiser les élections générales cette année. Sans au préalable mettre en place un gouvernement de consensus avec l’opposition. En réponse, l’UE l’a menacé de sanctions « individuelles et ciblées », si elle ne respectait pas les accords conclus avec l’opposition.

Dans un communiqué daté de vendredi dernier, et dont Afrik.com a reçu copie ce lundi, la haute Autorité de Transition malgache (HAT) déclare « prendre acte, avec regret » ; de la résolution votée par les parlementaires Européens condamnant le régime actuel d’Antananarivo. « La résolution votée par cette honorable assemblée est d’autant plus regrettable qu’elle a été prise au vu d’allégations aussi fausses, mensongères qu’outrancière, véhiculées par des groupes hostiles à la tenue des prochaines élections, hostiles à la nation Malagasy démontrant ainsi leurs capacités de nuisance pour protéger leurs intérêts personnels », écrit la HAT.

« Dans les règles démocratiques, une citation pour un droit à la parole sinon des investigations approfondies auraient été de mise avant une telle prise de résolution unilatérale » poursuit la Haute Autorité de Transition, présidée par Andry Rajoelina. Dans un autre communiqué rendu public le même jour, la HAT déclare avoir reçu et accepté la démission de Ny Hasina Andriamanjato, Vice Premier Ministre chargé des Affaires Etrangères. Un départ du gouvernement visiblement lié aux tensions actuelles entre Madagascar et l’Union européenne.

La HAT avait sollicité, début février, le soutien de l’UE pour organiser des élections générales cette année, seule voie selon elle, pour sortir la grande Île de la crise qui la secoue depuis début 2009. Mais l’Union européenne a laissé entendre qu’elle ne soutiendrait que des élections organisées par un gouvernement consensuel, et a menacé la HAT de « des sanctions individuelles et ciblées », si elle ne respectait pas les accords de sortie de crise conclus à Maputo début août 2009 sous l’égide la communauté internationale.