Madagascar : les pro-Ravalomanana accusent la France

Lalao Ravalomanana, épouse du Président déchu en 2003, Andry Rajoelina, l’actuel Président de transition et l’ex-chef d’Etat Didier Ratsikara, ont été disqualifiés pour la prochaine Présidentielle, il y a huit jours, par la Cour électorale. Si Andry Rajoelina a accepté de retirer sa candidature, les deux autres candidats maintiennent le suspens. Du côté de Lalao Ravalomanana, on pointe du doigt la France qui serait en train d’opérer à des manipulations.

La nouvelle décision de la Cour électorale d’écarter les trois principaux candidats à la Présidentielle, Lalao Ravalomanana, Andry Rajoelina et Didier Ratsikara a pourtant été saluée par les médiateurs internationaux dans la crise malgache, ainsi que la Communauté internationale. Sauf qu’elle n’a pas été appréciée par les trois candidats éjectés.

Si Andry Rajoelina a fini par jeter l’éponge, c’est la grogne du côté des Ravalomanana. Déjà durant la semaine écoulée, la mouvance de Marc Ravalomanana avait annoncé qu’elle manifesterait dans la rue pour dénoncer cette mesure qu’elle a jugé anti-démocratique. Elle avait même prévu dé déposer un recours. « Nous allons déposer tout d’abord un recours contre la décision de la Cour électorale qui a été prise samedi dernier. Un recours visant à annuler l’exclusion notamment de notre candidate Lalao Ravalomanana. Nous déposons une nouvelle fois le dossier de Lalao Ravalomanana avec les pièces complémentaires, impliquant des recours auprès de la CES et du Conseil d’Etat », avait confié le représentant de la mouvance Ravalomanana, Mamy Rakotoarivelo. Ce qui compromettait sérieusement l’acceptation de la décision prise par la Cour électorale d’écarter Lalao Ravalomanana. Et ce samedi, son mari, Marc Ravalomanana, depuis l’Afrique du Sud où il se trouve depuis 4 ans, a jeté de l’huile sur le feu.

Marc Ravalomanana, s’est adressé par téléphone à ses militants, et leur a promis de leur dire comment soutenir sa femme, Lalao Ravalomanana, exclue de la course à la Présidentielle. Un message de Marc Ravalomanana très salué par ses militants qui ont commencé à hausser le ton. « On ne va pas se décourager pour autant, parce que beaucoup de choses vont encore se produire à Madagascar. Parce que les élections qui vont venir ne sont pas pour nous, les Malgaches. Le Président et les députés qui vont être élus, ce sont des députés de la Communauté des Etats de l’Afrique Australe (SADC), des députés de la Communauté internationale », affirme un militant sur Rfi qui relève que beaucoup accusent la France de manipuler ces élections. « Ces éléments de la SADC et de l’Union africaine ont été mandatés par le régime français. Celui d’avant et l’actuel », avance un homme. « Oui, et les Français veulent éliminer le nom Ravalomanana », renchérit une femme.

En clair, la France accusée de jouer les trouble-fêtes. Ce qui semble être une diversion qui pourrait avoir une incidence sur l’application de la mesure prise par la Cour électorale d’écarter les 3 candidats du scrutin.