Madagascar : les inondations font 25 morts

Le Conseil national de secours de Madagascar a annoncé que les fortes pluies qui s’abattent sur la Grande Ile depuis la fin du mois de février ont fait 25 morts, 16 blessés et causé de nombreux dégâts. Plus de 35 000 hectares de terre ont notamment été submergés par les eaux, ravageant les cultures. Les autorités craignent par ailleurs la propagation de maladies.

Vingt-cinq morts. C’est le dernier bilan des pertes humaines que le Conseil national de secours de Madagascar (CNS) a fait mercredi concernant les fortes pluies qui balayent la Grande Ile depuis la fin du mois de février. Cinq régions du pays ont été touchées par le déluge : « celle du Sud-Est, Alaotra-Mangoro (Centre-Est), Sofia, Boeny (toutes deux au Nord-Ouest) et Tiana (Nord-Nord-Ouest) », explique le CNS. Les intempéries se sont maintenant un peu calmées, mais les inondations, qui ont recouvert des milliers d’hectares, laissent les autorités inquiètes quant à la santé et au ravitaillement alimentaire des personnes sinistrées.

Les cultures de riz submergées

Outre les 25 morts, les fortes pluies ont fait « 16 blessés, 58 728 sinistrés et 8 316 sans-abris », a expliqué ce jeudi matin Jacky Randimdiarison, secrétaire exécutif du CNS, à Afrik.com. Les dégâts matériels sont aussi importants. « 1 480 cases ont été détruites, de même que 33 ponts, barrages et écoles primaires et publiques. Des ports de pêche ont aussi été endommagés et des digues de protection présentent des brèches », poursuit Jacky Randimdiarison.

L’agriculture a été lourdement touchée. Au niveau du cheptel, « 177 » bêtes ont été tuées. Mais ce sont les cultures de riz qui ont le plus souffert lorsque le débordement des rivières et autres lacs a « ensablé ou envasé 35 424 hectares » de terre. Un ensablement et un envasement qui pourraient engendrer de sérieux problèmes si les pluies se poursuivent. « Les sables emportés par les eaux restent au fond des lacs ou des rivières et diminuent ainsi leur capacité de rétention d’eau. Elles vont donc laisser échapper l’eau qui descendra des vallées, provoquant de nouvelles inondations », s’inquiète Jacky Randimdiarison.

Par ailleurs, une importante partie du riz produit dans les régions battues par les pluies sera perdue. D’après les informations recueillies par l’Agence France Presse auprès du CNS, « dans l’immédiat, les besoins des cinq régions inondées se chiffrent à 500 tonnes de riz et à terme à 715 tonnes de semences ». Mais Jacky Randimdiarison a indiqué à l’agence française que « ces besoins en riz sont disponibles sur le marché, mais pas ceux des semences ».

Zones sinistrées difficilement accessibles

Jacky Randimdiarison explique que Madagascar n’a reçu aucune aide de l’extérieur pour gérer la situation. Mais que les organisations non gouvernementales du pays, comme « le Pam (Programme alimentaire mondial, ndlr), l’Unicef (Fonds des Nations Unies pour l’enfance, ndlr) ou encore le Pnud (Programme des Nations Unies pour le développement, ndlr), s’organisent. Il ajoute que « le gouvernement assure le fonctionnement du CNS » dans la mission de secours aux victimes et que l’organe étatique parvient donc à « redresser la situation, même si ce n’est pas à 100% ».

Mais les mauvaises conditions météorologiques ne facilitent pas le ravitaillement des sinistrés. « Nous nous débrouillons avec les moyens du bord. Nous sommes obligés de nous déplacer par canoë ou avec de petits bateaux. Si nous devons nous rendre sur des routes trop peu praticables, nous utilisons des tracteurs. Le plus difficile est d’accéder aux zones isolées », précise Jacky Randimdiarison. Autre problème : éviter la propagation de maladies, « comme la cale (sorte de mycose, ndlr) ou les diarrhées ». Et la saison des pluies devrait finir entre fin mars et avril…