Madagascar : les députés exigent une augmentation de salaire

Les députés malgaches demandent une revalorisation de leurs avantages, au risque de voter une motion de censure.

Coup de pression des députés malgaches au gouvernement. Ces derniers demandent une augmentation de salaire, tout en brandissant, depuis la semaine dernière, la menace d’une motion de censure. Le gouvernement s’était alors engagé à verser les indemnités qui ont pris du retard. Le bras de fer a continué lorsque les députés ont, en plus, réclamé une revalorisation de leur salaire.

« Un coup de bluff », estime le député Mamy Rajaonson. Mais la crainte de voter une motion de censure a en revanche été prise très au sérieux par le Premier ministre, Roger Kolo, qui s’est alors empressé de rejoindre l’hémicycle afin d’apporter des explications. Mais répondre aux revendications des députés n’est pas une tâche simple puisque ceux-ci, qui se réuniront à huis clos ce mercredi, réclament que leurs indemnités soient multipliées par trois. Ils demandent par ailleurs cinq assistants parlementaires chacun, contre trois prévus par le décret présidentiel.

La presse fustige les députés

Dans la presse locale, c’est l’indignation ! Alors que la pauvreté frappe une grande partie de la population malgache, le président de l’Assemblée nationale, Jean Max Rakotomamonjy a pris la défense des députés : « Ces avantages ont été acquis lors des précédentes législatures, les députés veulent qu’ils soient reconduits ».

Selon le journal malagache Tatanews.com, des députés insistent même sur l’attribution de véhicules de fonction de haut de gamme. Le ministre des Infrastructures, de l’Equipement et de l’Aménagement du territoire, Rivo Rakotovao aurait refusé de se plier à cette exigence des parlementaires. « L’Etat ne peut se permettre de payer 151 voitures à 120 millions d’Ariary l’unité, car un tel budget n’est pas prévu par la Loi de Finances », aurait-il souligné.

En réaction à la fronde des députés, le Président Hery Rajaonarimampianina a invité tous les acteurs politiques à laisser le gouvernement effectuer son travail. La presse a par ailleurs rappelé que le chef d’Etat dispose lui aussi d’un pouvoir sur le Parlement.