Madagascar : le sommet de Maputo s’achève sur un échec

Le sommet de Maputo sur la crise malgache s’est achevé vendredi, sans que les postes de président et de Premier ministre de transition aient été pourvus. La raison : la rivalité persistante entre Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana. Les parties ont jusqu’au 4 septembre pour trouver un terrain d’entente.

La déception est à la mesure de l’espoir suscité par le sommet Maputo II, le deuxième round des négociations pour mettre fin à la crise politique à Madagascar. Les quatre principaux protagonistes de cette crise se sont séparés vendredi dans la capitale mozambicaine sans avoir pu mettre sur pied un exécutif de transition, chargé de ramener la sérénité sur l’île. Réunis pendant trois jours sous la médiation de Joachim Chissano, ancien président Mozambicain , Andry Rajoelina, l’actuel homme fort de Madagascar, Marc Ravalomanana, le président renversé en mars dernier, Didier Ratsiraka et Albert Zafy deux anciens chefs d’Etat malgaches, n’ont pas pu tomber d’accord sur la désignation d’un Président et du Premier ministre de la Haute autorité de transition (HAT), l’autorité suprême qui doit conduire Madagascar vers de nouvelles élections dans un délai de quinze mois.

Rajoelina veut présider la HAT

Andry Rajoelina, actuellement à la tête de l’Etat malgache souhaitait à tout prix diriger la HAT (c’est le cas aujourd’hui), et conserver son Premier ministre Monja Roindefo, nommé en mars dernier. Marc Ravalomanana s’est absolument opposé à cette option. « (La) désignation (de Rajoelina) serait une insulte aux principes démocratiques. Je préférerais à la place une autorité neutre », a–t- déclaré.

Les quatre parties ont toutefois pu s’entendre sur certains
postes, notamment ceux des trois vice-Premiers ministres, les présidents du parlement et de deux autres institutions. Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana désigneront chacun les présidents des deux assemblées parlementaires, et chacun nommera l’un des deux vice-Premiers ministres. Ils ont jusqu’au 4 septembre pour trouver un consensus sur les deux postes litigieux, ainsi que sur celui de vice-président. Mais, a prévenu Tiébilé Dramé le médiateur des Nations unies, il n’y aura pas de troisième sommet de Maputo.

A Madagascar, la persistance de la crise plombe l’économie et inquiète les investisseurs étrangers.