Madagascar : le nouveau dragon du kick-boxing

Le mentor du kick-boxing malgache, Yves Stéfan, jure que la toute jeune fédération va engendrer des champions. Parole d’expert !

La Fédération malgache de kick-boxing, récemment admise au sein de la World Association Kick-boxing Organisation (Wako) est en passe d’émerger de l’anonymat. Conséquence immédiate : du 3 au 6 mars, le président de la Wako-France, Yves Stéfan, animera un stage sur place afin d’homologuer les premiers diplômes des cadres de la toute jeune fédération. Un préambule qui propulse la nouvelle sélection nationale aux éliminatoires de l’océan indien, au printemps, à Maurice. Et qui sait, aux prochains championnats du Monde qui se dérouleront à Belgrade en octobre. Pour le Français il s’agit de l’aboutissement d’un travail de six ans sur la Grande Île et dans la région. Interview.

Afrik : A peine reconnue, la fédération malgache se prépare aux championnats du Monde. N’est-ce pas aller vite en besogne ?

Yves Stéfan : Je vais régulièrement dans la région depuis cinq ans. Il y a 26 fédérations de kick-boxing à la Réunion, une cinquantaine à Maurice et environ 25 à Madagascar. Il y a de bons, de très bons boxeurs. Pas seulement techniquement, mais aussi dans la tête. Les jeunes malgaches ne prennent pas la grosse tête dès qu’ils gagnent une compétition. Ils savent écouter. Ils sont courageux. Et de ce fait, progressent très vite. Voilà pourquoi je crois qu’il est fort possible qu’on puisse en emmener cinq ou six à Belgrade. Il ne faut pas oublier que récemment, un jeune mauricien a remporté les championnats d’Europe.

Afrik : Comment avez-vous été amené à développer le kick-boxing dans la région ?

Y.S. : Il y a quelques années, j’étais président de la fédération de kick-boxing d’Île de France. Or, statutairement, la Réunion dépendait de cette région. Nous savions qu’il y avait une forte demande pour le kick-boxing. Alors nous sommes allés faire du développement. Ca a marché si bien que l’expérience s’est étendue à Maurice, puis aux Seychelles et enfin, à Madagascar.

Afrik : Quels sont les atouts du kick-boxing malgache par rapport au français ?

Y.S. : Avec les Hollandais, les Français sont les meilleurs du monde. Pour l’instant. Les Malgaches souffrent de leur manque de moyens. Pour s’entraîner, il faut au moins des gants de boxe. Mais cela ne les décourage pas et c’est tout à leur honneur. Ce sont des guerriers. Ils sont plus exigeants envers eux-mêmes qu’envers leur encadrement. Ils respectent énormément les éducateurs, ils sont ponctuels et nos rapports sont sains. Comme ils sont démunis, il n’y a que leur amour du sport qu’ils peuvent apporter en retour. Cet état d’esprit n’est pas simplement appréciable, il implique des dispositions particulières pour le kick-boxing. Des dispositions qui engendrent un vivier de très jeunes boxeurs au potentiel extraordinaire. Croyez-moi, on va en sortir des champions !

Fédération malgache de kick-boxing : (00261) 32 07 09 646.

Wako-France : 0033 1 43 32 72 35.