Madagascar : le maire d’Antananarivo destitué

Marc Ravalomanana reprend les rênes du pouvoir. Le ministère de l’Intérieur, à la demande du président malgache, a destitué, mardi, le maire d’Antananarivo pour « manquements dans la conduite de la mission de la commune ». Cette décision intervient après la demande officielle de destitution du chef de l’Etat faite, lundi, par Andry Rajoelina qui s’était auto-proclamé en charge des affaires nationales du pays.

Marc Ravalomanana contre-attaque. Après un long et pénible bras de fer politique, le ministère de l’Intérieur a destitué, mardi, le maire d’Antananarivo. Alors qu’Andry Rajoelina avait déclaré à ses partisans qu’il annoncerait, samedi, son propre gouvernement. « Il y a eu un arrêté pris par le ministère de l’Intérieur qui remplace la direction de la capitale par une délégation spéciale », a annoncé Edmond Rakatomavo, le préfet d’Antananarivo, à la presse. « On a voulu notifier (la décision) au maire mais il n’était pas là. Il a fallu prendre une ordonnance pour que les membres de la délégation spéciale puissent entrer dans les bureaux », a ajouté M. Rakotomavo.

La chute d’Andry Rajoelina

Sur les raisons de la destitution d’Andry Rajoelina, le préfet n’a pas été très loquace. Il a simplement mentionné « des manquements dans la conduite de la mission de la commune, par exemple en ce qui concerne la gestion des ordures ». Pourtant, selon Sylvain Ranjahaly, le rédacteur en chef de L’Express de Madagascar, Marc Ravalomanana serait responsable de ces problèmes d’assainissement. Depuis son élection, le président aurait tout fait pour compliquer la tâche d’Andry Rajoelina. « Il a confisqué les recettes de la commune qui finançaient l’assainissement de la ville. Les déchets n’ont pas été ramassés pendant un long moment », a confié Sylvain Ranjahaly à Afrik.com. Autre coup dur pour le maire de la capitale malgache. Il a été remplacé par l’un de ses conseillers spéciaux, Guy Randrianarisoa, qui l’a suivi cinq mois avant son élection en décembre 2007.

Le nouvel administrateur de la capitale, le « président de la délégation spéciale », connait bien Antananarivo. Il a déjà occupé les fonctions de secrétaire générale de la mairie de la ville. « Moi je ne fais pas de politique. Je ne suis pas TIM (le parti présidentiel, ndrl), je ne suis rien du tout, j’ai été nommé simplement pour gérer (la commune) », a-t-il déclaré à l’AFP.

La revanche de Marc Ravalomanana

Cette décision intervient après la demande officielle de destitution faite, lundi, par Andry Rajoelina qui s’était auto-proclamé en charge des affaires nationales du pays.

Selon un observateur de la vie politique malgache interrogé par l’AFP, la destitution du maire signifie que le président entend « reprendre les choses en main et qu’il se sent suffisamment fort pour cela ». Les deux derniers rassemblements du maire, lundi et mardi, n’ont pas été aussi suivis que les précédents, laissant entrevoir un possible essoufflement du mouvement.

La semaine dernière, les émeutes et les pillages, survenus en marge d’un important rassemblement à l’appel du maire contre le régime avaient fait 68 morts dans le pays, selon la gendarmerie malgache. Au regard de l’instabilité politique ambiante, la destitution du maire, loin de profiter à Marc Ravalomanana, pourrait se retourner contre lui…

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