Madagascar : la mutinerie matée après l’échec des négociations

Alors que Madagascar se débat au sein d’une grave crise politique depuis plus de trois ans, le camp militaire d’Ivato, près de l’aéroport d’Antananarivo, s’est mutiné. Après l’échec des négociations, l’assaut a été lancé contre les rebelles par l’armée et la gendarmerie. Le bilan serait d’au moins trois morts et quatre blessés.

Les tirs ont redoublé ce dimanche autour du camp militaire mutiné, près de l’aéroport, fermé depuis le matin. D’après des gendarmes malgaches, l’assaut final a été lancé à 16H00 avec le soutien de militaires. Cette attaque a été décidée après le départ des riverains et l’échec des négociations, selon un communiqué de l’état-major. Un capitaine des forces d’intervention aurait même été tué lors des pourparlers.

Officiellement, les mutins n’auraient pas fait connaître leurs revendications aux négociateurs. Les combats ont ainsi été violents et des arrestations ont eu lieu, avant que le calme ne revienne en début de soirée.

Un pays désorienté

Cette mutinerie intervient alors que le pays est traversé par une grave crise politique depuis le renversement début 2009 de Marc Ravalomanana par le jeune opposant aidé par l’armée, Andry Rajoelina. Voir la vidéo ci-dessous :

Rapidement, le nouvel « homme fort » du pays a été confronté à son tour à des mouvements de contestation des partisans de Ravalomanana, mais également des deux présidents de la République précédents, Didier Ratsiraka et Albert Zafy. Malgré les tentatives de règlement du conflit comme lors des accords de Maputo, la situation reste précaire à Madagascar et de nouvelles mutineries pourraient aisément se reproduire.

Toutefois, la rencontre de mercredi entre le président de la Transition, Andry Rajoelina, et l’ancien président Marc Ravalomanana, organisée par les médiateurs de l’Afrique australe, semble être maintenue.

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