Madagascar : la libération d’un parlementaire condamné à cinq ans de prison crée la polémique

A Madagascar, en mai 2019, la justice avait condamné un député à cinq ans d’emprisonnement ferme pour plusieurs infractions telles que complicité de meurtre et abus de fonction dans le transport et l’exploitation illicite de produits forestiers. Mais contre toute attente, il a été relâché, la semaine dernière. Corruption, traitement de faveur ou protection politique ? Difficile à dire.

L’homme politique en question avait œuvré à la destruction d’une aire sous protection dans le centre ouest du Madagascar. En trois années, il avait détruit 85 000 hectares de forêt primaire pour fournir certaines cultures à des entreprises d’agro-alimentaire.

Sa libération choque et indigne plus d’un. Les grandes organisations de la société civile malgache se sont unies pour rédiger, de commun accord, un communiqué pour exprimer leur courroux vis-à-vis de cette affaire. Pour elles, il s’agit d’un cas grave, car il expose à lui seul la gravité de la défaillance du système judiciaire et de l’impunité dans le pays, explique le directeur national de l’ONG Saf-FJKM.

Sanctionner les criminels environnementaux

Le Parlement l’a soutenu en mettant en place une commission spéciale pour obtenir sa libération. La justice a accordé la liberté conditionnelle à un criminel, s’insurge le directeur de l’ONG. Pour lui, le corporatisme du Parlement et le tâtonnement de la justice mettent à nu les dysfonctionnements et dérèglements du système politique en place.

Le président de l’alliance Voahary Gasy, Ndranto Razakamanarina, s’interroge, quant à lui, sur les commanditaires de la libération de l’élu. Il se demande à qui profitent les crimes environnementaux et l’impunité grandissante dans le pays. Pour finir, il exhorte le chef de l’Etat, qui projette de mettre en place un plan de reboisement à grande échelle dans le pays, de sanctionner aussi les criminels environnementaux, l’appelant à lutter contre leur impunité.