Madagascar : la France ne reconnaîtra pas la présidentielle

La France ne reconnaîtra pas les résultats de l’élection présidentielle malgache si les trois candidats contestés – Lalao Ravalomanana, Andry Rajoelina et Didier Ratsiraka – persistent à y concourir. Leurs candidatures sont litigieuses pour diverses raisons.

La France juge illégitimes les candidatures de Lalao Ravalomanana, Andry Rajoelina et Didier Ratsiraka. Elle ne reconnaîtra pas les résultats de l’élection présidentielle malgache si les trois candidats contestés persistent à y concourir, a déclaré lundi le ministère français des Affaires étrangères.

Paris appelle instamment Lalao Ravalomanana, Andry Rajoelina et Didier Ratsiraka (…) à retirer leurs candidatures à la prochaine élection présidentielle, a affirmé le porte-parole du Quai d’Orsay Philippe Lalliot, ajoutant qu’en attendant, la France n’entend pas accueillir sur son territoire les responsables du blocage du processus de sortie de crise à Madagascar.

Les autorités françaises ont, en effet, interdit à l’épouse de l’ex-président malgache Marc Ravalomana, à l’actuel président malgache ainsi qu’à l’ancien chef d’Etat de Madagascar, tout séjour en France. Leurs proches sont également visés par cette interdiction de fouler le sol français.

Ces trois candidats posent problème. Lalao Ravalomanana et Didier Ratsiraka ne justifient pas, comme le prévoit la loi malgache, de six mois de résidence à Madagascar pour se porter candidats à l’élection présidentielle. Quant à Andry Rajoelina, il doit démissionner de la fonction suprême pour se consacrer à sa candidature à sa propre succession, ce qu’il refuse de faire.

Report de la présidentielle

Cette élection présidentielle, mouvementée, ne se tiendra pas comme prévu le 24 juillet. Le Conseil des ministres de Madagascar a adopté jeudi dernier un décret reportant au 23 août le scrutin. Selon la « feuille de route » de sortie de crise sur la Grande île, la date doit encore être validée par la Commission électorale et par les Nations-Unies.

Ce report s’explique par la suspension de l’aide des donateurs, à la suite de la décision du président Rajoelina de se présenter à l’élection présidentielle or l’ex-putschiste avait promis le contraire. Ce dernier fait, par ailleurs, partie des dix candidats retenus, visés parmi les 109 noms des personnes impliquées dans des coup d’Etat selon la communauté internationale.

A ce jour, la tenue de l’élection présidentielle à Madagascar n’est pas garantie. Selon nos sources, il se peut que le scrutin soit remplacé par une médiation qui permettra à l’actuel président de la transition de se maintenir à son poste.