Madagascar : la fistule obstétricale touche près de 2 000 femmes par an

Madagascar : la fistule obstétricale touche près de 2 000 femmes par an
Ce mardi, la campagne de lancement de la première Journée internationale de la lutte contre la fistule obstétricale avait lieu à Madagascar. Le Fonds des Nations unies pour la Population (UNFPA) a déclaré que près de 2 000 femmes sont atteintes chaque année de la maladie sur la Grande île.

La fistule obstétricale touche un grand nombre de femmes chaque année à Madagascar. Ce trouble biologique très peu traité dans le pays, a motivé une campagne de lancement, mardi, pour la première Journée internationale de lutte contre la maladie. À cette occasion, le Fonds des Nations unies pour la Population (UNFPA) a annoncé qu’environ 2 000 femmes malgaches étaient atteintes de ce mal chaque année. Des malades qui se comptent par milliers. Jeunes filles, femmes, la fistule obstétricale frappe toutes les tranches d’âge. Les principales infectées sont les très jeunes filles à peine sorties de la puberté. Si le nombre de malades ne cesse d’accroître, c’est que les victimes sont pour la plupart originaires de milieu rural et sont très défavorisées. Ayant eu un accès à l’éducation très précaire, les jeunes filles sont très souvent analphabètes et n’imaginent pas avoir accès à des soins.

Maigres chance de guérison face à une maladie…

Il faut dire que cette maladie est un sujet tabou. Les jeunes femmes atteintes de la fistule obstétricale s’enferment souvent dans un douloureux silence. Ce problème sanitaire cause également de grands dommages d’un point de vue social. Les jeunes femmes en question, sont exclues de la société, certaines abandonnées par leurs propres familles. Cette maladie qui a une ampleur nationale est pourtant très peu traitée. Les spécialistes ayant les compétences de chirurgie réparatrice de la fistule se font rares. On recense seulement six formations sanitaires en mesure de prendre en charge les malades dans tout le pays. Ces maigres chances de guérison ont fait réagir l’UNFPA qui lancera le 23 mai, la première Journée internationale de lutte contre la maladie. Depuis 2011, grâce aux financements de l’UNFPA, près de 247 femmes atteintes ont subi une chirurgie réparatrice à Madagascar.

…A l’origine d’un lourd handicap pour la femme

La fistule obstétricale résulte d’une communication anormale entre la vessie et le vagin ou entre la vessie et le rectum survenant souvent après une grossesse difficile. Elle est couramment présente chez les très jeunes femmes en malnutrition et sortant juste de l’accouchement. Conséquences, le bassin de la future mère n’est pas assez développé et fait obstacle au passage du bébé. Dans ce cas-ci, une césarienne est nécessaire. Mais faute d’accès à cette intervention, la jeune mère prend son mal en patience. L’accouchement peu ainsi s’étaler sur une durée de cinq jours, voire plus. La pression trop forte qu’exerce la tête de l’enfant au niveau du bassin de la mère crée une nécrose du tissu entourant la vessie, le rectum et l’appareil génital. Le nouveau-né décède souvent d’un accouchement si éprouvant. La nécrose de la mère laisse place secondairement à la fistule qui va être l’origine d’un lourd handicap pour la jeune femme.

La fistule obstétricale provoque chez la patiente une incontinence incontrôlable. La jeune femme se résout donc à vivre avec ses deux souffrances : celle de la perte d’un enfant et celle d’une maladie qu’elle juge honteuse.